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Monodactylus sebae : Poisson lune d'Afrique, Psettus de Seba

Monodactylus sebae : fiche poisson pour maintenance et élevage en aquarium.

Description de Monodactylus sebae, Poisson lune d'Afrique, Psettus de Seba:

Originaire de l'océan Atlantique tropical, le poisson Monodactylus sebae vit le long des côtes africaines, depuis l'embouchure du Sénégal jusqu'au Congo. Le poisson-lune d'Afrique est euryhalin, et se rencontre en eau saumâtre et remonte les cours d'eau bien au-delà de la zone d'influence des marées. Importé pour la première fois en Europe en 1914, à Hambourg, l'holotype (MNHN, A.3831, spécimen sec) est d'origine inconnue (spécimen de Seba ?) mais des paratypes de Saint-Louis du Sénégal, pris au mois de mars 1829, à l'époque où le fleuve est salé sont visibles.
Monodactylus sebae
Monodactylus sebae

Le poisson-lune d'Afrique Monodactylus sebae peut atteindre rapidement une vingtaine de centimètres LT en aquarium! Dans la mer, des spécimens âgés mesurent jusque 25 cm LS. Ces poissons marins côtiers, pénétrent en eau saumâtre, mais vivent aussi dans les eaux douces (cours d'eaux, lacs).

Note taxonomique:

Le genre Psettus Commerson, in Lacepède 1801 (dérivé du nom grec 'Psetta' qui désigne un poisson plat non identifié avec certitude) est considéré comme non valide, et Psettus Cuvier, 1816 comme un synonyme récent de Monodactylus Lacepède, 1801. Cependant, Smith (1965) attribue encore à Psettus l'espèce ouest-africaine dont le corps est plus haut que long (Psettus sebae) et à Monodactylus les deux espèces indo-pacifiques (Monodactylus argenteus Linnaeus et Monodactylus falciformis Lacépède).

Caractères de la famille:

Ces poissons ressemblent aux Chétodontidés et plus encore aux Ephippididae par leur forme générale. Outre le corps très fortement comprimé latéralement, un caractère remarquable est la tendance à la réduction des nageoires pelviennes qui peuvent être vestigiales. Plus petites que les pectorales, mais encore typiques, avec une épine, 5 rayons et un processus axillaire chez le genre Schuettea Steindachner, elles peuvent devenir minuscules et rudimentaires (une très petite épine et 2 à 4 rayons . réduits) chez Monodactylus argenteus ou être encore plus régressées (une épine et un vestige de rayon mou) et quelquefois absentes chez Monodactylus sebae. Les écailles faiblement sténoïdes ou cycloïdes et un épais revêtement de petites écailles sur les nageoires impaires. La ligne latérale est complète. Les dents sont en forme de soies (sétiforme) très courtes, l'ensemble ayant l'aspect d'un velours.

Caractères de l'espèce:

Nous en empruntons l'essentiel à Cuvier (in Cuvier et Valenciennes, vol. 7, 1831).
C'est l'espèce la plus élevée du genre par rapport à sa longueur ; il y a deux fois plus loin du sommet de sa dorsale à la pointe de son anale, que du bout de son museau à la racine de sa caudale. Son contour latéral sans la queue forme ainsi un rhomboïde...
L'oeil est placé plus bas que le milieu, et un peu plus près du museau que de l'ouïe ; il est grand ; son diamètre est des deux cinquièmes de la longueur de la tête...

La bouche est fendue obliquement, et descend en arrière, de façon que le bout des lèvres est à la hauteur du milieu de l'oeil, et que la commissure est plus basse que son bord inférieur. Les dents sont en soies si courtes qu'on pourrait les dire en velours ras...

La pectorale est ovale et a un peu plus du cinquième de la longueur totale. Pour toutes ventrales on ne voit que deux petites épines placées à l'aplomb des pectorales, ce qui, vu la rapide descente de la ligne de la poitrine, les met assez loin de la gorge ; en y regardant de très près on voit au-dessus de l'épine un petit vestige de rayon mou. Dans le tranchant antérieur de la dorsale on reconnaît les pointes de huit épines... L'anale a ses trois épines très longues à proportion, mais cachées dans les écailles, et ne montrant que leurs pointes le long du tranchant antérieur et descendant de la nageoire... La caudale est du quart de la longueur totale, et coupée carrément.
Le dimorphisme sexuel est inexistant, même chez des adultes longs de 150 mm et hauts de 200 mm; la seule différence observable était une augmentation du volume de l'abdomen de la femelle (Azuma, 1976).

coloration:

Sur le fond argenté se détachent deux bandes sombres, en plus de la bande oculaire. La première, en forme de "S" très allongé, traverse l'insertion de la pectorale; la seconde, plus large, mais de même forme générale, unit la pointe de la dorsale à celle de l'anale. Toute émotion, toute réaction physiologique s'accompagne de modifications instantanées de coloration, les téguments virant d'un argent clair à une teinte brunâtre en quelques instants.

Fiche de maintenance et élevage de Monodactylus sebae:

Comment maintenir, associer, nourrir, reproduire et élever Monodactylus sebae (Poisson lune d'Afrique, Psettus de Seba)? Quels paramètres choisir?

Qualité de l'eau:

Quels sont les meilleurs paramètres de maintenance? Quel type d'eau est préféré?Les conditions d'élevage se confondent avec celles de Monodactylus argenteus. Poissons euryhalins, ils passent sans dommage de l'eau de mer à l'eau douce et inversement, grâce à un mécanisme de régulation de l'équilibre osmotique encore mal connu. Il convient cependant, pour les maintenir dans les meilleures conditions, de les élever de préférence dans une eau de mer dont on fait varier périodiquement la salinité. Les individus dont la taille dépasse 6 - 8 cm supportent plus difficilement un séjour prolongé en eau douce. Peu sensibles aux variations de température, celle-ci peut être maintenue entre 24 et 27 °C. Poissons robustes, leur maintien en captivité ne présente pas de difficultés si l'on prend soin de leur offrir un espace vital suffisant et des eaux bien filtrées, claires et agitées.

Au début, les spécimens ont souvent été pêchés dans la lagune d'Abidjan par M.J. Broche, et rapportés par M. Viard, en 1973 (une quarantaine de spécimens de 2 - 4 cm) ; une vingtaine ont été placés dans un bassin panoramique en polyester d'une hauteur de 70 cm et d'une capacité de 700 litres, filtré sur mousse de polyether avec un débit de 2000 litres/heure. La densité moyenne de l'eau était de 1012 ; elle était renouvelée à raison de 50 à 100 litres tous les 10 jours, le pH moyen sur une période de 17 mois étant de 7,53.

maladies:

Sensibles aux affections cutanées; celles-ci peuvent être traitées par le sulfate de cuivre, les antibiotiques ou par des variations de salinité que le Poisson supporte plus facilement que les parasites.

Cohabitation et comportement:

Quel comportement a l'animal? Avec quels autres animaux est-il compatible? Est-il sociable?Poissons actifs, surtout l'après-midi et le soir, leur nage est très vive et virevoltante. Les monodactylus se tiennent en pleine eau pendant la nuit et réagissent collectivement aux perturbations. Le comportement intraspécifique est excellent, ces poissons-lune d'Afrique vivent en bancs et gagnent à être présentés en groupe monospécifique, ou à la rigueur en compagnie d'autres espèces euryhalines (Monodactylus argenteus, Scatophagus argus).

Alimentation et nourriture:

Comment le nourrir? Quelle alimentation convient le mieux? À quelle fréquence?omnivores et très voraces, ils s'accommodent de toutes les nourritures habituelles y compris les végétales: moules crues ou cuites, vers de vase, tubifex, artémias adultes, Néreis, etc... Broutent également les algues filamenteuses ou encroûtantes qui se développent sur le substrat et dont l'absence ou l'insuffisance doit être compensées par un apport de feuilles de salade ou d'épinards.

Protocole d'élevage et reproduction Monodactylus sebae:

Comment reproduire M. sebae? Où et quand peut-on le reproduire et l'élever?La ponte en captivité et le développement précoce ont été rapportés par Hegedus et Johnson (1968), puis Wey (1971) dans deux périodiques d'accès difficile. Azuma (1976), Akatsu et al. (1977) et Palko (1977) sont des sources plus récentes et plus précises. La contribution d'Azuma comporte de nombreuses illustrations en couleurs dont deux sont reproduites ici. Son couple reproducteur était âgé de 2 ans environ et occupait un bac de près de 500 litres, rempli d'eau de conduite additionnée d'une cuillère à café de sel pour 3 litres d'eau et tenue entre 24 et 27 °C. Le pH et la dureté totale GH ne semblaient pas très importants, pour autant que l'eau ne soit ni déminéralisée, ni acide.

Pendant quelques secondes, le mâle pousse la femelle avec le museau ; puis, le couple se place côte à côte et commence soudainement à tournoyer en cercles serrés, tandis que la femelle expulse des milliers d'oeufs dans un jaillissement très bref, mais spectaculaire. La femelle . s'écarte et le mâle traverse l'essaim d'oeufs en dispersant son sperme dans toutes les directions. La séquence complète de ponte ne dure que quelques secondes. Beaucoup d'oeufs commencent à flotter à la surface ils sont transparents, non adhésifs et petits (0,6 - 0,9 mm de diamètre). A 27 °C, ils éclosent en 24 h. Les alevins sont très petits et, même nourris avec de minuscules infusoires, la plupart semblent être morts de faim. Les observations d'Akatsu sont beaucoup plus nombreuses et précises, et l'élevage des alevins a été mené à bien. Dix jeunes spécimens d'environ 30 mm LS ont été élevés dans un bassin circulaire en plastique de 500 l, en circuit fermé, à 25 - 28 °C, en eau légèrement salée (2,82 - 3,75 %o). Nourris de praires hachées, ils ont atteint 100 mm LS en 15 mois. 8 spécimens (5 mâles, 3 femelles)- ont été distribués entre 3 bassins: A et B circulaires, de 500 1 chacun, avec 2 mâles et 1 femelle dans chaque ; Cuve quadrangulaire, de 150 l, avec un couple. Dans chaque bac, un siphon collectait automatiquement les oeufs qui étaient ensuite retenus par un filet à mailles fines situé dans le bac de filtration. Les oeufs étaient comptés et ceux qui étaient fécondés étaient transférés dans des récipients de 5 litres, et incubés à 25 °C environ. La tolérance au sel des oeufs et des larves était éprouvée en plaçant 100 oeufs dans un litre d'eau à 0%, 25, 50, 75 et 100% d'eau de mer.

La ponte a été observée du soir à minuit dans les bacs A et B. La femelle se déplace d'abord vers la paroi du bac et reste face à celle-ci en battant des pectorales. Le mâle accouplé se tient près de la femelle, derrière elle. Quand la femelle tremble et se tord, la dorsale et l'anale repliées vers l'arrière, le mâle s'approche et picore son abdomen et son anale. Ensuite, le couple nage côte à côte en exécutant des virages en épingle à cheveux. L'autre mâle était incapable de s'associer à ce couple. La ponte avait lieu au cours de cette nage vigoureuse. Dans la journée, la femelle et les deux mâles étaient calmes, mais le mâle apparié devenait dominant à l'approche de la nuit. Dans le bac C, le comportement du couple isolé était moins ardent. L'intervalle entre les pontes était de 5 à 10 jours, mais le nombre des oeufs fluctuait, selon un cycle de 18 à 28 jours, de 825 à 5847. Les oeufs sont arrondis, isolés et flottants en eau salée (ils coulent en eau douce), de 0,64 à 0,69 mm de diamètre (moyenne 0,67 mm). L'éclosion intervient 20 h après la fécondation, à 25 °C. La prélarve mesure en moyenne 1,79 mm LT. Les pectorales et,les pelviennes ne sont pas développées ; la bouche n'est pas ouverte. La tête et la portion antérieure de la queue sont couvertes de mélanophores et d'érythrophores arborescents. Les larves ont tendance à flotter en surface ; leur première nage contrôlée débute 30 à 60 minutes après l'éclosion en essayant surtout de gagner le fond. A 2 jours (en moyenne 2,63 mm LT), pectorales et pelviennes sont présentes ; à 3 jours (en moyenne 2,59 mm LT), la bouche et les fentes operculaires sont ouvertes ; à 13 jours (en moyenne 3,09 mm LT), le corps est plus élevé, 5 épines se sont formées sur la marge du préopercule ; à 23 jours (en moyenne 5,25 mm LT), fin du stade prélarvaire, le corps est beaucoup plus élevé, la dorsale et l'anale sont distinctes de la caudale, la musculature (myotomes) est bien développée et le Poisson commence à nager activement, les narines sont formées ; à 33 jours (en moyenne 8,92 mm LT), la hauteur du corps est environ 48 % de la longueur totale, les rayons des nageoires ont acquis la formule de l'espèce, mais les pelviennes sont volumineuses, les épines du préopercule sont réduites, mais plus nombreuses. La salinité influe significativement sur le développement des oeufs et la croissance des larves. Tous le oeufs éclosent, quelle que soit la concentration, s'il s'agit d'oeufs prêts à éclore, mais 89 % seulement éclosent dans de l'eau de mer pure si l'expérience débute dès le stade morula. Ensuite, les taux de morts subites et d'anomalies étaient minimaux dans les milieux à 25% d'eau de mer. La conclusion est que 25 % d'eau de mer est la concentration optimale pour le développement des oeufs et des larves, que ces dernières ne peuvent survivre dans l'eau douce et que l'eau de mer pure n'est pas non plus un milieu favorable. Il est probable que dans la nature les poissons pondent en eau saumâtre ou que s'ils pondent en eau douce, les oeufs sont entraînés dans des eaux saumâtres.

L'expérience de Palko est fondée sur un lot de 1000 oeufs livrés par une pisciculture (Roberts Fish Farm) où les adultes produisaient de 5000 à 10.000 oeufs tous les trois ou quatre jours. Les pontes avaient lieu en eau douce et étaient fonction de la quantité de nourriture distribuée aux géniteurs. Ceux-ci provenaient eux-mêmes d'une reproduction dont l'auteur avait communiqué les consignes d'élevage suivantes: les oeufs devaient être incubés dans de l'eau salée à une concentration de 6 ‰ (5 ou 7 ‰ n'étant pas acceptable); pas de diffuseur-d-air.html" class=mot>diffuseur d'air, car les larves ne pourraient survivre dans les bulles; la nourriture consiste en paramécies (une nourriture morte à la concentration saline mentionnée); les larves devaient être réacclimatées à l'eau douce 5 jours après l'éclosion et nourries avec des nauplies d'Artémias fraîchement écloses jusqu'à 15 jours; si les nageoires pelviennes régressaient à ce stade c'était le signe que les alevins étaient malades.

En fonction des données de la littérature et de l'expérience personnelle, il fut décidé d'utiliser 4 bacs de 75 litres contenant 1/4, 1/2, 3/4 et 4/4 d'eau de mer, soit des concentrations de 9, 16, 24 et 35 g/l, les trois premières obtenues en mélangeant de l'eau de conduite déminéralisée à de l'eau de mer filtrée sur nylon à mailles de 35 microns. Chaque bac contenait 250 oeufs et un litre d'une culture d'algues (Anacystis) comme régulateur de l'eau et non comme nourriture. Pas de filtration, mais un diffuseur d'air à débit modéré, juste assez puissant pour briser la tension superficielle de l'eau. Par manque de temps, les oeufs furent transférés directement de l'eau douce, dans laquelle ils avaient été livrés, aux quatre salinités disponibles. Après l'éclosion, une égale quantité de plancton animal et végétal de 35 microns fut distribuée dans chaque bassin; comme cette nourriture était déjà supposée ne pas rester vivante aussi longtemps dans l'eau à 9% que dans les concentrations plus élevées, les alevins ne furent pas ré-acclimatés à l'eau douce (la nourriture vivante est toujours plus attractive et plus profitable que les organismes morts ou secs).

Au 7e jour et au 9e, le nombre des larves décroissait notablement; elles étaient plus petites que celles tenues à des salinités supérieures et se laissaient dériver plutôt que de nager activement à la poursuite de la nourriture. Le plancton vivant ne résistait pas plus de 24 heures et il semble que l'inanition ait été la cause principale de mortalité. Au 9e jour, des nauplies d'Artémias et du plancton de 35 et 110 microns furent ajoutés aux bacs. Au 12e jour, on constata un déclin notable des larves dans le bac à basse salinité, dû encore, semble-t-il, à l'inanition, car la nourriture était trop grosse pour les alevins de ce bac, mais convenable pour ceux des autres aquariums. Au 14e jour, il ne restait qu'une douzaine de larves qui étaient toujours plus petites que celles des bacs plus salés. Les bacs à 16 et 24 ‰ ont donné des résultats comparables entre eux. Dès le 4e jour, les larves se concentraient en surface et se nourrissaient activement ; au 9e jour, les alevins mangeaient des nauplies d'Artémias, mais le plancton de 35 et 110 microns continuait d'être distribué ; au 13e jour, les larves étaient dispersées dans tout le bac et 50 au moins étaient vivantes au 15e jour. Dans le bac d'eau de mer pure (35 ‰), toutes les larves, au lendemain de l'éclosion, étaient groupées massivement à la surface ; les déformations du corps étaient fréquentes et l'activité de nage faible ; au 5e jour, la mortalité était terrifiante et seules 2 larves nageaient ; au 18e jour, l'une était la plus grande et l'autre la plus petite de toutes celles obtenues dans l'élevage. A 21 jours, du plancton de 295 µm fut ajouté à tous les bacs et au 42e jour tous les survivants furent transférés en eau de mer pure. A 107 jours, 116 spécimens de 13 à 80 mm étaient sauvés.

Malgré un certain nombre de discordances en ce qui concerne la concentration saline idéale, on peut retenir que les meilleurs résultats concernent des milieux à 25 %(Akatsu) où à 50 %(Palko) d'eau de mer.

Utiliser des nourritures vivantes de préférence: plancton fin, rotifères, puis nauplies d'artémia.

Données scientifiques sur Monodactylus sebae:

Classification et taxonomie de M. sebae:
Classe :Actinopterygii
Ordre :Perciformes
Famille :Monodactylidae
Genre :Monodactylus
Espèce :sebae
Rang :Espèce
Descripteur :Cuvier
Année description :1829
Nom scientifique :Monodactylus sebae
Noms communs :(fr) Poisson lune d'Afrique, Psettus de Seba
Origine géographique, abondance:
Habitat naturel :Nord de l'Afrique de l'Ouest
Abondance :Courant
Maintenance de M. sebae:
Maintenance :compliqué
Volume ou type :Grand aquarium
Taille :15 à 25 cm
pH de l'eau :7,8 à 8,5
Température eau :23 à 28 °C
Auteur: anemone-clown, dernière modification le , publié le 10/09/2007. 14678 lectures.
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