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Poisson chirurgien : explications

Que signifie poisson chirurgien ?

Définition poisson chirurgien

Le poisson chirurgien regroupe 84 espèces de poissons marins de la famille Acanthuridae du sous-ordre des Acanthuroïdes de l'ordre des Perciformes. Les familles suivantes sont improprement associées aux poissons-chirurgiens : les porte-enseignes Zanclidés et les poissons-lapins Siganidés. Les Zanclidés sont souvent considérés comme une sous-famille des acanthuridés. Les poissons-chirurgiens sont très appréciés en aquarium marin, surtout en aquarium récifal par leur compatibilité avec les coraux durs. Le prix d'un poisson-chirurgien varie en fonction de sa taille, moins cher quand il est petit, devenant très onéreux pour des poissons adultes. Comptez un prix moyen de 90,00¤, avec une gamme de prix de 49,00¤ à 180,00¤.
Le poisson-chirurgien à poitrine blanche, le fameux "leuco" :
Poisson chirurgien à poitrine blanche, Acanthurus leucosternon
L'acanthure poisson chirurgien à poitrine blanche, l'espèce Acanthurus leucosternon, est très prisée en aquarium marin.

L'anatomie de chaque espèce d'acanthuridé permet une identification à l'oeil nu.

L'anatomie des poissons chirurgiens :

Les poissons-chirurgiens se reconnaissent aux longs piquants épineux acérés en forme de lancettes, des stylets, qu'ils portent de part et d'autre de la queue et leur donne leur nom commun. Ces stylets résultent de la transformation d'une écaille; ils sont disposés dans un fourreau dont l'ouverture est antérieure. Lorsqu'ils sont dressés, la pointe est dirigée en oblique vers l'avant. Les épines-scalpels constituent alors une arme très redoutable pour leurs congénères ou adversaires. Agissant par coups de queue rapides, le poisson chirurgien peut provoquer des blessures graves. Chez beaucoup d'espèces, la zone d'implantation de l'épine est particulièrement mise en évidence parla couleur du fourreau, de la pointe elle-même ou encore de la peau autour du fourreau. Il est probable que cette couleur sert d'avertissement : le poisson qui a été confronté à la redoutable épine du poisson chirurgien en conservera le souvenir et se tiendra par la suite sur ses gardes à la vue de la tache colorée.

Le poisson chirurgien bleu s'appelle "Dory" dans "Le Monde de Nemo" et "Le Monde de Dory" :
Poisson chirurgien
Le poisson chirurgien bleu Paracanthurus hepatus interprète "Dory", immortalisé par les studios Pixar dans "Le monde de Nemo".

Il faut noter que leur bouche terminale est dotée d'une seule rangée de dents, et certains ont un éperon frontal, d'autres ont deux filaments qui prolongent la nageoire caudale.

Le mode de vie des poissons chirurgiens :

Dans la nature, dans la mer ou un océan, la plupart des espèces de poissons chirurgiens vivent en bandes plus ou moins grandes. Les combats y sont assez fréquents, surtout lorsque deux individus se rapprochent trop l'un de l'autre. Souvent le poisson se contente de menacer en présentant son flanc et en effectuant quelques battements de queue, sans toucher son congénère. Cette menace suffit généralement pour les éloigner l'un de l'autre.

En aquarium, l'espace libre trop réduit rend les combats fréquents, et les coups se poursuivent souvent jusqu'à la mort d'un des individus. Il faut remarquer que les combats n'opposent pas seulement des congénères mais aussi des poissons d'espèces différentes : ainsi Acanthurus leucosternon, le poisson chirurgien à poitrine blanche, et Acanthurus japonicus se combattent farouchement quand on a le malheur de les introduire dans un même aquarium récifal. C'est aussi le cas de Acanthurus lineatus et Acanthurus sohal. D'autres poissons n'appartenant pas à cette famille peuvent aussi être agressés, surtout quand on les introduit dans un aquarium déjà occupé par des Acanthuridés.

Le poisson-chirurgien, dit à cercle doré, occupe la zone benthique :
Poisson-chirurgien à cercle doré
Le poisson-chirurgien à cercle doré Ctenochaetus strigosus doit son nom vernaculaire au rond jaune-doré cerclant son oeil.

L'agressivité vis-à-vis d'autres espèces de poissons-chirurgiens diminue généralement et disparaît même après quelques jours sans qu'on ait à déplorer des dégâts corporels, surtout si ces poissons disposent de nombreuses cachettes qui pourraient les soustraire aux attaques des chirurgiens. Malgré cette agressivité envers les congénères, les poissons chirurgiens sont plutôt paisibles et il n'est guère difficile de les conserver avec d'autres espèces plus petites, mais il ne faut jamais les introduire dans un aquarium contenant des invertébrés. Ils mangent en effet les vers annélides, certains petits crabes, crevettes et parfois les étoiles de mer.

Les différents genres de poissons chirurgiens, et leurs différences :

La ressemblance entre l'épine érectile et le scalpel du chirurgien est à l'origine du nom "poisson-chirurgien". À noter cependant que les espèces des genres Naso et Prionurus ne possèdent pas d'éperon érectile mais des plaques épineuses fixes. Celles-ci peuvent tout autant impliquer de graves blessures. Certains systématiciens considèrent ces genres comme constitutifs d'une famille à part, celle des nasidés. Tout comme les poissons-perroquets et les labres, les poissons-chirurgiens nagent à l'aide des nageoires pectorales, ce qui provoque un mouvement ondulé. La queue agit comme gouvernail tandis que les nageoires pectorales ont un rôle de soutien et agissent comme stabilisateurs dès que la vitesse est suffisante. Ces nageoires permettent aussi au poisson de se nettoyer les yeux ou même de se gratter la tête. D'autres poissons, comme les labres et les espèces de la famille des Nemiptéridés jouissent aussi de ces possibilités.

Dans les anciennes publications, les poissons chirurgiens sont repris dans les familles Thentidae et Hepatidae. On dénombre 82 espèces de poissons chirurgiens de la famille Acanthuridae avec la répartition suivante :40 Acanthurus,9 Ctenochaetus,20 Naso,1 Paracanthurus,7 Prionurus,7 Zebrasoma.
Quatre des genres groupent les "vrais" poissons-chirurgiens, caractérisés par leurs épines érectiles mais les genres Naso et Prionurus constituent les "poissons-chirurgiens cornus" qui, eux, portent des épines fixes.

Les poissons-chirurgiens, surtout les espèces appartenant aux genres Acanthurus et Paracanthurus sont excessivement mobiles. Ils aiment nager à toute vitesse de temps à autre. Très souples, ils évitent aisément les obstacles. De ce fait, ces poissons demandent à être maintenus de préférence dans un aquarium vaste et surtout assez long. Un petit aquarium ne leur convient aucunement. Les chirurgiens des genres Zebrasoma et Ctenochaetus sont beaucoup plus paisibles et se déplacent prudemment entre les cailloux et les éléments coralliens. Ils peuvent donc être conservés dans des aquariums de plus faibles dimensions. Les espèces du genre Naso (comme elegans ci-dessous), qui possèdent une corne sur la tête, se situent à ce point de vue plus ou moins entre les deux catégories précédentes. Ils vivent, comme les Acanthurus et Paracanthurus, en eau libre au-dessus des récifs coralliens, mais se cachent moins fréquemment dans les récifs et nagent plus calmement et moins vite.

Le nason à éperons orange est un poisson-chirurgien à double plaque épineuse :
Poisson chirurgien Naso elegans
Le poisson-chirurgien nason à éperons orange Naso elegans est apprécié en très grand aquarium marin.

L'alimentation d'un poisson chirurgien :

Les poissons chirurgiens adultes trouvent leur nourriture sur les récifs et au voisinage de ceux-ci. Ils se nourrissent d'algues et d'herbes marines. Comme les autres espèces herbivores, ils empêchent ainsi les algues de recouvrir entièrement le récif.

C'est ainsi que, sur un récif habité par des poissons herbivores, les algues ne dépassent jamais quelques millimètres, alors que si l'on dispose un grillage empêchant les poissons de brouter, le récif se couvre rapidement d'une épaisse couche d'algues. Pendant toute la journée, les poissons chirurgiens ne cessent de brouter les algues. Leurs dents en forme de spatules et dont les bords sont renforcés constituent des outils très efficaces pour arracher les minces couches d'algues. Ils éprouvent davantage de difficultés à se nourrir des algues longues car leurs dents ne leur permettent pas de les couper. Leur régime herbivore est caractérisé par la possession d'un intestin très long.

Chez beaucoup de poissons chirurgiens, la paroi de l'estomac est très épaisse, de manière à résister aux grains de sable et débris de corail ingérés avec les algues. Ces grains de sable et de corail facilitent lors de la digestion la trituration par l'estomac des membranes cellulaires assez résistantes des algues. Les espèces qui ne possèdent pas cette paroi renforcée n'avalent pas les matériaux durs du fond.

Le poisson-chirurgien jaune est très apprécié des aquariophiles marins pour sa couleur unie :
Poisson chirurgien jaune, Zebrasoma flavescens
Le poisson-chirurgien jaune Zebrasoma flavescens peut facilement évoluer en groupe de 4 ou 5 individus dans un aquarium récifal de 450 litres.

En captivité, il est indispensable de procurer aux poissons-chirurgiens de la nourriture végétale, sans quoi on ne peut les conserver en bonne condition. Outre les algues, qui sont excellentes (y compris les algues d'eau douce) et qui doivent être coupées en petits morceaux, on peut les nourrir de morceaux d'épinards, de laitue ou de plantes aquatiques dulcicoles. On peut également fabriquer, à partir de farine d'algues, des petites boulettes qui constituent une excellente nourriture. Pour ce faire, on mélange de la farine d'algues avec de la gélatine ou de l'avoine cuite et on laisse refroidir.

On peut encore remplacer la farine d'algues par de la farine à base d'autres matières végétales. Cette alimentation végétale n'est cependant pas suffisante et il est indispensable de procurer aux chirurgiens une nourriture d'origine animale telle que mysis, crevettes, chair de moule, de crabe ou de poisson ou même de tubifex ou autre larve de chironome. S'ils sont nourris d'aliments variés contenant à la fois des matières animales et végétales, les poissons-chirurgiens vivent longtemps en aquarium.

Quelle espérance de vie pour un poisson chirurgien?

Certaines espèces ont atteint des âges de cinq à dix ans en captivité. Au cours de la période d'acclimatation, on peut cependant rencontrer quelques problèmes de nutrition car beaucoup de poissons refusent de prime abord toute nourriture. Il est alors très important de les nourrir d'algues et d'autres matières végétales. Les jeunes individus s'acclimatent plus facilement et plus rapidement que les adultes, pour autant qu'ils ne soient pas trop affaiblis et amaigris par le transport et une trop longue stabilisation sans soins.

La reproduction des poissons chirurgiens :

Les poissons chirurgiens vivent en bande et les oeufs sont abandonnés en eau libre, juste en-dessous de la surface. On connaît quelque peu la reproduction de certaines espèces. C'est le cas pour Zebrasoma scopas, Ctenochaetus striatus et Acanthurus triostegus. Pendant la période de la reproduction, les poissons se rassemblent en bandes importantes. Ils se montrent très excités. Au crépuscule, de petits groupes d'individus matures se séparent, s'élèvent à quelques mètres au-dessus de la bande.

L'émission des oeufs et de la laitance a lieu au sommet de ce mouvement ascendant. Immédiatement après, les poissons redescendent au niveau du groupe. Il est probable que la remontée soudaine vers la surface facilite l'émission des produits génitaux sous l'effet du gonflement de la veine natatoire, lui-même provoqué par la baisse de pression. On a observé que les poissons chirurgiens recherchent, pour la reproduction, une zone où existent de forts courants ascendants.

Les oeufs sont pourvus d'une petite goutte d'huile, et flottent en surface où ils sont dispersés par le courant. L'éclosion des oeufs suit de peu la ponte. Chez A. triostegus, elle survient après 26 h lorsque la température est de 26 °C. À la naissance, la taille des larves est de 2 mm mais quelques jours plus tard, le sac vitellin est résorbé et les jeunes alevins se transforment en ce que l'on appelle les larves Acronurus. Dès qu'il atteint 20 mm, cet alevin se métamorphose en petit poisson. Alevins et jeunes poissons se nourrissent de plancton. La larve Acronurus est dépourvue d'écailles, on peut observer des raies verticales sur le corps. Cette larve est transparente et le second rayon de la seconde nageoire dorsale et des nageoires anale et ventrale est allongé en pointe venimeuse.

La morphologie particulière de cette larve fut à l'origine d'une confusion: elle fut longtemps considérée comme appartenant à un genre propre (Acronurus), et non pas comme alevin des poissons chirurgiens. Les larves du genre Naso sont quelque peu différentes, mais ressemblent en gros aux Acronurus. On les a décrites autrefois sous le nom générique keris.

Le poisson-chirurgien d'Achille se reconnaît à tache orange entourant chaque stylet :
Poisson-chirurgien d'Achille
L'espèce Acanthurus achilles est un poisson-chirurgien difficile en aquarium d'eau de mer, l'acclimatation étant très délicate suite au long transport du poisson.

Chez plusieurs espèces de poissons chirurgiens, les jeunes de moins de 8 cm de long ont une couleur jaune. Passé cette taille, couleur et livrée deviennent progressivement celles de l'adulte. C'est le cas notamment d'Acanthurus coeruleus, Acanthurus olivaceus et Acanthurus pyroferus. Actuellement, on connaît près d'une centaine d'espèces de poissons chirurgiens. La plupart vivent dans les zones tropicales des océans Indien et Pacifique. Seules quelques espèces vivent dans l'Océan Atlantique tropical et les Caraïbes. Ils font partie de la faune ichtyologique typique des récifs coralliens bien qu'on puisse les trouver aussi en dehors de ceux-ci.

Les poissons chirurgiens dans les recettes de l'alimentation humaine :

Très présents dans les récifs coralliens, et atteignant des tailles importantes pour beaucoup d'espèces, les poissons chirurgiens sont capturés par les populations humaines iliennes. Ces poissons marins sont préparés comme les autres poissons récifaux. Leur capture se fait pas la pêche à la palangrotte ou en chasse sous-marine. Traditionnellement, ces poissons sont consommés grillés ou frits.

La toxicité des poissons chirurgiens, la ciguatera :

Dans de nombreuses régions tropicales, les poissons chirurgiens représentent une source importante de nourriture pour la population humaine, bien que leur chair soit parfois toxique car ils se nourrissent occasionnellement d'algues vénéneuses. La consommation de tels poissons entraîne une intoxication connue sous le nom de Ciguatera dont un des symptômes est l'inversion des sensations de chaud et de froid. L'empoisonnement résulte de l'action conjuguée de plusieurs toxines parmi lesquelles la ciguatoxine est la plus dangereuse.

De nouvelles espèces toujours découvertes :

Même si les poissons-chirurgiens sont connus depuis très longtemps, certains groupes (disparus) ayant existé aux ères éocène, oligocène et miocène, de espèces nouvelles sont encore décrites au 21e siècle. Ces poissons, pourtant très visibles par leurs coloris et leurs tailles (de 15 cm à 90 cm), et vivant pour la plupart autour des récifs coralliens et proches du coralligène, ne sont pas tous connus ni décrits. Certaines variantes de patron de coloration pourraient apporter des modifications dans le nombre d'espèces. Ainsi, la dernière espèce décrite officiellement est A. albimento en février 2017.

Type : nom commun. Genre : masculin.
Traduction poisson chirurgien en anglais : surgeonfish.

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