L'aquariophilie pour des aquariums modernes

Filtration biologique et mécanique : manuel aquarium marin récifal

Filtration, écumage et méthodes d'épuration biologique en eau de mer

La filtration et l'élimination biologique des produits indésirables dans l'eau vont distinguer le cas du 'avec' ou 'sans' coraux.
Un écumeur pour épurer l'eau d'un aquarium marin

Les différentes approches concernant l'épuration de l'eau d'un aquarium marin

  • La filtration d'un bac purement FO sans aucun invertébré (c'est-à-dire sans crevette, ni bernard-l'hermite, et encore moins une anémone et évidemment sans coraux), peut se contenter d'un filtre du type sec/humide (comme ceux utilisés en eau douce). Ce type de filtration laisse le niveau des nitrates à un niveau bien trop haut pour espérer pouvoir y faire survivre autre chose que des poissons robustes.
  • Les filtres sous sable (sous gravier) devraient être évités dans la mesure du possible (ce sont des antiquités inadéquats de nos jours) car ils produisent également des niveaux inadmissibles de concentrations en nitrates NO3.
  • Les filtres « boîtes » sont de bons filtres 'mécaniques', mais leur rôle s'arrête là car ils tendent à produire un excès de nitrates dans l'aquarium.
En résumé, dès qu'on entre dans l'univers des invertébrés, il faut passer à des solutions plus biologiques (traitement biologique de l'eau) et bannir l'utilisation des types de filtres précédemment cités qui maintiennent malgré eux des niveaux de nitrates incompatibles avec le niveau (très bas, voir nul) supporté par les invertébrés de toute nature, les coraux durs restants les plus sensibles à ce sujet. Il faut donc se diriger vers l'emploi de méthodes (appelées berlinoise, Jaubert ou encore DSB Ron Shimeck) qui, pour certaines, font appel à un écumeur.

Dans le principe d'une filtration dite 'biologique', les déchets organiques des consommateurs (les animaux) sont transformés en matières inorganiques, donc inertes, qui serviront ultérieurement aux producteurs (les algues) à fabriquer des tissus vivants et la boucle est bouclée : c'est le cycle de l'azote.
  • L'écumeur consiste à utiliser un procédé physique de nettoyage de l'eau qui enlève certaines substances avant leur transformation et décomposition en ammoniaque nocif, etc… La charge organique restante est sérieusement baissée et cela diminue considérablement le travail restant au niveau du traitement biologique pour accomplir l'assainissement de l'eau. En conséquence, achetez le meilleur écumeur que vous pouvez vous permettre. C'est l'équipement technique le plus important que vous achèterez. Ne croyez pas toujours les chiffres annoncés par les fabricants, il n'est pas rare qu'un écumeur indiqué pour '1000 L maxi' soit incapable de traiter, ne serait-ce que la moitié de ce volume. Cela dépend des marques qui ne prennent pas les mêmes bases de calculs. Renseignez-vous !!!
  • Les Pierres Vivantes (PV) (et/ou du sable vivant pour les méthodes Jaubert et Ron) assument entièrement le traitement biologique de l'eau, rien d'autre n'est 'virtuellement' nécessaire (hormis l'écumeur). Comptez environ 20 kg de PV pour 100 litres de volume brut du bac. Selon la qualité et la densité (porosité) de ces roches, cela représentera environ 30% du volume de l'aquarium et c'est surtout ce dernier chiffre qu'il faut atteindre. Les PV sont essentielles pour la stabilité à long terme de l'aquarium, c'est à dire un niveau de nitrates extrêmement bas !
  • La définition suivante montre l'usage d'un micron-bag dans une cuve technique de décantation pour la filtration mécanique.

En milieu naturel, la qualité de l'eau de mer est d'une stabilité exceptionnelle

La composition de l'eau de mer est d'une telle stabilité que seules quelques altérations faibles et temporaires peuvent être observées. Les éléments vitaux sont également stables et présents dans les conditions requises. La teneur en oxygène est toujours faible. La concentration en matières organiques est peu élevée, de même que celle des constituants inorganiques résultant de l'action des bactéries sur ces matières organiques. Le pH est constant et compris entre 8,1 et 8,3. Les bactéries sont en nombre limité. L'eau est agitée constamment. En bref, on peut considérer le milieu des récifs comme un milieu idéal, voire même comme un milieu optimal. C'est la raison pour laquelle on y trouve un très grand nombre d'espèces différentes, chacune représentée par un grand nombre d'individus. La surpopulation du milieu est fréquente et chaque individu doit quotidiennement lutter pour se nourrir et pour se maintenir. Par ailleurs, de nombreuses espèces prédatrices peuplent également les récifs ou y font des incursions fréquentes pour y chasser. La lutte pour la vie est donc permanente et particulièrement difficile. Lors de plongées, il est d'ailleurs étonnant de constater le nombre de poissons de récifs qui portent les marques de cette lutte. Cependant, malgré la concurrence et le danger constant, le récif reste un milieu idéal ! De là proviennent les nombreuses difficultés que l'on doit surmonter lorsqu'on veut conserver ces animaux en aquarium. Les animaux ont l'habitude de vivre dans un milieu tellement stable qu'ils sont devenus très exigeants. Et comme dans leur milieu naturel, ils n'ont jamais eu à affronter des conditions défavorables, ils n'ont jamais développé au cours de leur évolution de mécanismes protecteurs (au contraire des animaux d'eau douce, souvent contraints à de brusques variations de milieu : crues, pollution naturelle passagère, etc). Ils n'ont pas de mécanismes d'adaptation souple et efficace. En fait, ils connaissent certaines facultés d'adaptation (sinon, il serait vraiment impossible de les maintenir en aquarium), mais elles sont faibles et s'activent LENTEMENT.

De ces observations, il résulte 2 règles simples : il ne faut jamais exposer les poissons récifaux à des variations brusques de milieu, il est nécessaire de leur procurer un milieu artificiel aussi proche que possible du milieu naturel. C'est là une tâche difficile mais c'est notre but d'aquariophile marin !

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