Le poisson chirurgien appartient à la famille des acanthuridés dans le sous-ordre des acanthuroïdes, de l'ordre des perciformes. Ce même ordre comprend aussi les familles suivantes : zanclidés (porte-enseigne marqués) et siganidés (poissons-lapins). Les zanclidés sont souvent considérés comme une sous\-famille des acanthuridés.
Les poissons chirurgiens se reconnaissent aux longs piquants épineux acérés en forme de lancettes qu'ils portent de part et d'autre de la queue. Ces stylets résultent de la transformation d'une écaille; ils sont disposés dans un fourreau dont l'ouverture est antérieure. Lorsqu'ils sont dressés, la pointe est dirigée en oblique vers l'avant. Les épines constituent alors une arme très redoutable pour leurs congénères ou adversaires. Agissant par coups de queue rapides, le poisson chirurgien peut provoquer des blessures graves. Chez beaucoup d'espèces, la zone d'implantation de l'épine est particulièrement mise en évidence parla couleur du fourreau, de la pointe elle-même ou encore de la peau autour du fourreau. Il est probable que cette couleur sert d'avertissement: le poisson qui a été confronté à la redoutable épine du poisson chirurgien en conservera le souvenir et se tiendra par la suite sur ses gardes à la vue de la tache colorée.
Ce poisson chirurgien dit à poitrine blanche est très prisé en aquarium marin.
Dans la nature, dans la mer ou un océan, la plupart des espèces de poissons chirurgiens vivent en bandes plus ou moins grandes. Les combats y sont assez fréquents, surtout lorsque deux individus se rapprochent trop l'un de l'autre. Souvent le poisson se contente de menacer en présentant son flanc et en effectuant quelques battements de queue, sans toucher son congénère. Cette menace suffit généralement pour les éloigner l'un de l'autre.
En aquarium, l'espace libre trop réduit rend les combats fréquents, et les coups se poursuivent souvent jusqu'à la mort d'un des individus. Il faut remarquer que les combats n'opposent pas seulement des congénères mais aussi des poissons d'espèces différentes : ainsi Acanthurus leucosternon, le poisson chirurgien à poitrine blanche, et Acanthurus japonicus se combattent farouchement quand on a le malheur de les introduire dans un même aquarium récifal. C'est aussi le cas de Acanthurus lineatus et Acanthurus sohal. D'autres poissons n'appartenant pas à cette famille peuvent aussi être agressés, surtout quand on les introduit dans un aquarium déjà occupé par des acanthuridés.
Cependant cette agressivité vis-à-vis d'autres espèces diminue généralement et disparaît même après quelques jours sans qu'on ait à déplorer des dégâts corporels, surtout si ces poissons disposent de nombreuses cachettes qui pourraient les soustraire aux attaques des chirurgiens. Malgré cette agressivité envers les congénères, les poissons chirurgiens sont plutôt paisibles et il n'est guère difficile de les conserver avec d'autres espèces plus petites, mais il ne faut jamais les introduire dans un aquarium contenant des invertébrés. Ils mangent en effet les vers annélides, certains petits crabes, crevettes et parfois les étoiles de mer.
La ressemblance entre l'épine érectile et le scalpel du chirurgien est à l'origine du nom "poisson chirurgien". A noter cependant que les espèces des genresNaso et Prionurus ne possèdent pas d'éperon érectile mais des plaques épineuses fixes. Celles-ci peuvent d'ailleurs impliquer également de graves blessures. Certains systématiciens considèrent ces genres comme constitutifs d'une famille à part, celle des nasidés. Tout comme les poissons-perroquets et les labres, les poissons chirurgiens nagent à l'aide des nageoires pectorales, ce qui provoque un mouvement ondulé. La queue agit comme gouvernail tandis que les nageoires pectorales ont un rôle de soutien et agissent comme stabilisateurs dès que la vitesse est suffisante. Ces nageoires permettent aussi au poisson de se nettoyer les yeux ou même de se gratter la tête. D'autres poissons, comme les labres et les espèces de la famille des nemiptéridés jouissent aussi de ces possibilités.
On dénombre 82 espèces de poissons chirurgiens avec 38 acanthurus, 9 ctenochaetus, 20 nasos, 1 paracanthurus, 7 prionurus et 7 zebrasomas.
Les poissons chirurgiens, surtout les espèces appartenant aux genres Acanthurus et Paracanthurus sont excessivement mobiles. Ils aiment nager à toute vitesse de temps à autre. Très souples, ils évitent aisément les obstacles. De ce fait, ces poissons demandent à être maintenus de préférence dans un aquarium vaste et surtout assez long. Un petit aquarium ne leur convient aucunement. Les chirurgiens des genres Zebrasoma (dont le flav, Zebrasoma flavescens) et Ctenochaetus sont beaucoup plus paisibles et se déplacent prudemment entre les cailloux et les éléments coralliens. Ils peuvent donc être conservés dans des aquariums de plus faibles dimensions. Les espèces du genreNaso (comme l'espèceelegans présentée ci-dessous), qui possèdent une corne sur la tête, se situent à ce point de vue plus ou moins entre les deux catégories précédentes. Ils vivent, comme les Acanthurus et Paracanthurus, en eau libre au-dessus des récifs coralliens, mais se cachent moins fréquemment dans les récifs et nagent plus calmement et moins vite.
Les poissons chirurgiens adultes trouvent leur nourriture sur les récifs et au voisinage de ceux-ci. Ils se nourrissent d'algues et d'herbes marines. Comme les autres espèces herbivores, ils empêchent ainsi les algues de recouvrir entièrement le récif.
C'est ainsi que, sur un récif habité par des poissons herbivores, les algues ne dépassent jamais quelques millimètres, alors que si l'on dispose un grillage empêchant les poissons de brouter, le récif se couvre rapidement d'une épaisse couche d'algues. Pendant toute la journée, les poissons chirurgiens ne cessent de brouter les algues. Leurs dents en forme de spatules et dont les bords sont renforcés constituent des outils très efficaces pour arracher les minces couches d'algues. Ils éprouvent davantage de difficultés à se nourrir des algues longues car leurs dents ne leur permettent pas de les couper. Leur régime herbivore est caractérisé par la possession d'un intestin très long.
Chez beaucoup de poissons chirurgiens, la paroi de l'estomac est très épaisse, de manière à résister aux grains de sable et débris de corail ingérés avec les algues. Ces grains de sable et de corail facilitent lors de la digestion la trituration par l'estomac des membranes cellulaires assez résistantes des algues. Les espèces qui ne possèdent pas cette paroi renforcée n'avalent pas les matériaux durs du fond.
En captivité, il est indispensable de procurer aux chirurgiens de la nourriture végétale, sans quoi on ne peut les conserver en bonne condition. Outre les algues, qui sont excellentes (y compris les algues d'eau douce) et qui doivent être coupées en petits morceaux, on peut les nourrir de morceaux d'épinards, de laitue ou de plantes aquatiquesdulcicoles. On peut également fabriquer, à partir de farine d'algues, des petites boulettes qui constituent une excellente nourriture. Pour ce faire, on mélange de la farine d'algues avec de la gélatine ou de l'avoine cuite et on laisse refroidir.
On peut encore remplacer la farine d'algues par de la farine à base d'autres matières végétales. Cette alimentation végétale n'est cependant pas suffisante et il est indispensable de procurer aux chirurgiens une nourriture d'origine animale telle que mysis, crevettes, chair de moule, de crabe ou de poisson ou même de tubifex. S'ils sont nourris d'aliments variés contenant à la fois des matières animales et végétales, les poissons- chirurgiens vivent longtemps en aquarium.
Certaines espèces ont atteint des âges de cinq à dix ans en captivité. Au cours de la période d'acclimatation, on peut cependant rencontrer quelques problèmes de nutrition car beaucoup de poissons refusent de prime abord toute nourriture. Il est alors très important de les nourrir d'algues et d'autres matières végétales. Les jeunes individus s'acclimatent plus facilement et plus rapidement que les adultes, pour autant qu'ils ne soient pas trop affaiblis et amaigris par le transport et une trop longue stabilisation sans soins.
Les poissons chirurgiens vivent en bande et les oeufs sont abandonnés en eau libre, juste en-dessous de la surface. On connaît quelque peu la reproduction de certaines espèces. C'est le cas pour Zebrasoma scopas, Ctenochaetus striatus et Acanthurus triostegus. Pendant la période de la reproduction, les poissons se rassemblent en bandes importantes. Ils se montrent très excités. Au crépuscule, de petits groupes d'individus matures se séparent, s'élèvent à quelques mètres au-dessus de la bande.
L'émission des œufs et de la laitance a lieu au sommet de ce mouvement ascendant. Immédiatement après, les poissons redescendent au niveau du groupe. Il est probable que la remontée soudaine vers la surface facilite l'émission des produits génitaux sous l'effet du gonflement de la veine natatoire, lui-même provoqué par la baisse de pression. On a observé que les poissons chirurgiens recherchent, pour la reproduction, une zone où existent de forts courants ascendants.
Les œufs sont pourvus d'une petite goutte d'huile, et flottent en surface où ils sont dispersés par le courant. L'éclosion des oeufs suit de peu la ponte. Chez Acanthurus triostegus, elle survient après 26 h lorsque la température est de 26 °C. A la naissance, la taille des larves est de 2 mm mais quelques jours plus tard, le sac vitellin est résorbé et les jeunes alevins se transforment en ce que l'on appelle les larves Acronurus. Dès qu'il atteint 20 mm, cet alevin se métamorphose en petit poisson. Alevins et jeunes poissons se nourrissent de plancton. La larve Acronurus est dépourvue d'écailles, on peut observer des raies verticales sur le corps. Cette larve est transparente et le second rayon de la seconde nageoire dorsale et des nageoires anale et ventrale est allongé en pointe venimeuse.
La morphologie particulière de cette larve fut à l'origine d'une confusion: elle fut longtemps considérée comme appartenant à un genre propre (Acronurus), et non pas comme alevin des poissons chirurgiens. Les larves du genre Naso sont quelque peu différentes, mais ressemblent en gros aux Acronurus. On les a décrites autrefois sous le nom génériquekeris.
Dans de nombreuses régions tropicales, les poissons chirurgiens représentent une source importante de nourriture pour la population humaine, bien que leur chair soit parfois toxique car ils se nourrissent occasionnellement d'algues vénéneuses. La consommation de tels poissons entraîne une intoxication connue sous le nom de ciguatera dont un des symptômes est l'inversion des sensations de chaud et de froid. L'empoisonnement résulte de l'action conjuguée de plusieurs toxines parmi lesquelles la ciguatoxine est la plus dangereuse.
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Traduction en anglais
surgeon fish
Type
nom commun
Genre
masculin
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