Journée mondiale de l'environnement : SOS Espèces menacées

Date 5/6/2007 19:50:00 | Sujet : Actualité

L’empereur bleuté, en Australie, menacé par les pêches en profondeur.

  Disparition des espèces : alerte rouge 

En parallèle à la Journée mondiale de l’environnement, organisée par l’ONU en Norvège, où des scientifiques étudient les risques de la fonte des neiges, les représentants de 171 pays, réunis aux Pays-Bas, se penchent sur les espèces menacées. Etat des lieux.

L’empereur bleuté, en Australie, menacé par les pêches en profondeur. 

Source : www.matinplus.fr

Fonte des glaces, changement climatique et extinction accélérée des espèces… Tels sont les points principaux abordés lors de la 5e Journée mondiale de l’environnement, organisée par les Nations unies, pour sensibiliser à la nécessité de protéger l’environnement. Chercheurs et spécialistes internationaux sont réunis depuis dimanche en Norvège pour discuter des transformations des régions polaires. Dimanche également, s’est ouvert la conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) à La Haye, aux Pays-Bas, en présence de quelque 2500 représentants de 171 pays. Elle se tiendra jusqu’au 15 juin.

 

Parallèlement au choc climatique, se prépare un autre choc, biologique. Priorité des priorités des gouvernements et des scientifiques du monde entier, entendus lors de cette conférence : la préservation de la biodiversité. La Terre est en train de vivre la quatrième crise d’extinction majeure de son histoire, avec, si rien n’est fait, un taux de disparition des espèces de 100 à 1 000 fois supérieur au rythme jugé «naturel » à l’horizon 2050. «Nous coupons un peu plus chaque jour la branche sur laquelle est assise l’humanité», affirme le sénateur des Côtes-d’Armor Claude Saunier, coauteur avec Pierre Laffitte, sénateur des Alpes- Maritimes, d’un rapport rendu public en mars: La biodiversité, l’autre choc. «Nous ne sommes pas loin de provoquer une véritable rupture des grands équilibres vitaux, et les conséquences sur l’économie mondiale et nos modes de vie vont être dramatiques», alerte Claude Saunier.

 

Le rapport étudie en détail l’état plus que préoccupant de la planète. En France, par exemple, la moitié des zones humides a disparu, près de 100 hectares d’espaces naturels sont ratissés chaque jour, 60 000 hectares sont bétonnés tous les ans, selon les données de l’Institut français de l’environnement. La biodiversité des oiseaux s’est effondrée, hors zones protégées. «Les changements climatiques et la surexploitation des ressources se font aujourd’hui à un tel rythme que les espèces vivantes animales et végétales n’ont pas le temps de s’adapter et donc disparaissent », explique Claude Saunier.

 

Au niveau mondial, depuis les années 1970, près de 40 % de la biodiversité des milieux aquatiques continentaux ont disparu. «Depuis trente ans, nous capturons chaque année 90 millions de tonnes de poissons, or nous pêchons de plus en plus loin et profond des espèces, comme l’empereur, qui mettent plusieurs années à se reproduire», indique-t-il. Ainsi, les ressources océaniques et plus généralement la vie naturelle s’amoindrit, ce qui va contribuer à une diminution de la production de richesses. L’usage des pesticides participe aussi à la réduction de la diversité des espèces. «Or, les apports de la biodiversité dans le domaine agricole pèsent à hauteur de près de 10000 milliards de dollars, donc il y a un vrai risque de déstructurer l’équilibre économique de la planète par l’amenuisement de la biodiversité.»

 

Loin d’être fatalistes, les auteurs estiment que le salut de la planète viendra d’une prise de conscience collective et plaident pour la création d’un Groupe intergouvernemental d’experts sur la biodiversité.

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