Les huîtres et les moules sont menacées par l'acidification des océans. On savait déjà qu'une augmentation de l'acidité de l'eau rendait plus difficile la fabrication des squelettes calcaires des coraux et du phytoplancton, mais aucune étude n'avait encore été menée sur des mollusques d'intérêt commercial. C'est maintenant chose faite. Selon une équipe internationale menée par Frédéric Gazeau, chercheur à l'Institut néerlandais d'écologie, les quelque 25 millions de tonnes de gaz carbonique (CO2) produites par les activités humaines sont absorbées par les océans. Ces gaz augment l'acidité des eaux et empêchent ainsi la calcification de la moule domestique (Mytilus edulis) et de l'huître du Pacifique (Crassostrea gigas) diminue de manière linéaire.
Un tel phénomène pourrait avoir des conséquences sur la survie des larves, qui pourraient avoir plus de mal à se fixer sur les supports fournis par les éleveurs. Les coquillages devraient mettre plus de temps à atteindre une taille commerciale. Ils deviendraient aussi plus sensibles aux prédateurs, souligne l'un des chercheurs ayant participé à l'étude, Jean-Pierre Gattuso de l'Observatoire océanologique de Villefranche. Lors de l'expérience, les coquillages ont été stressés en étant soumis à une augmentation brutale de l'acidité de l'eau. Sur une plus longue durée, plus proche des conditions naturelles, il n'est pas impossible qu'un phénomène d'adaptation intervienne, ont concédé les chercheurs. Cette étude est publiée dans la revue Geophysical Research Letters. L'élevage commercial de mollusques a augmenté de près de 8% par an au cours des trente dernières années. Avec près de 12 millions de tonnes produites, ce marché représentait un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de dollars en 2002. L'huître du Pacifique est la plus cultivée avec un volume total de 4,2 millions de tonnes (10,8% de la production aquacole mondiale). Près de 1,4 millions de tonnes de moules (3,6% de la production aquacole) sont également produites dans le monde. "Il appartient désormais à d'autres équipes de s'emparer de ces travaux pour tenter d'en évaluer les conséquences économiques", a souligné M. Gattuso. On pourrait aussi s'interroger sur l'impact du phénomène sur la production de perles "qui pourrait être affectée et vaudrait la peine d'être étudiée". Lors de l'expérience, les coquillages ont été stressés en étant soumis à une augmentation brutale de l'acidité de l'eau. Sur une plus longue durée, plus proche des conditions naturelles, il n'est pas impossible qu'un phénomène d'adaptation intervienne, a concédé le chercheur, interrogé par l'AFP. Cette étude est publiée dans la revue Geophysical Research Letters. Source : http://www.rtl.be/Site/Index.aspx?PageID=209&ArticleID=71138
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