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Actualité : Le réchauffement assèche les lacs de l'Arctique
Posté par gixi le 3/7/2007 15:50:00 (355 lectures) Articles du même auteur

Deux chercheurs canadiens sont parvenus à cette conclusion en observant quarante lacs polaires canadiens. Quarante lacs polaires canadiens

C'est une nouvelle manifestation du changement climatique que les scientifiques n'avaient pas encore prévue. Les lacs de l'Arctique sont régulièrement asséchés l'été, vraisemblablement du fait du réchauffement.
Tel est du moins ce qu'affirment deux chercheurs canadiens dans l'édition en ligne d'hier des Proceedings of the national academy of sciences (PNAS). John Smol et Marianne Douglas, respectivement professeur de biologie à la Queen's University et directeur de l'Institut polaire canadien à l'université d'Alberta, qui travaillent sur le sujet depuis vingt-quatre ans, ont désormais suffisamment de recul pour fonder cette assertion. Les deux chercheurs ont en effet récolté des données sur le niveau et la qualité de l'eau d'une quarantaine de lacs de Cap Hershel, sur l'île d'Ellesmere, dans l'Arctique canadien.

Photo : University of Alberta


Déjà, au cours des années 1990, les scientifiques s'étaient alarmés de la baisse du niveau de l'eau des lacs de cette région qui se trouve face à l'ouest du Groenland et d'un changement qu'ils avaient observé dans sa composition chimique. Mais, en juillet 2006, leur étonnement a été bien plus grand lorsqu'ils ont réalisé que nombre d'entre eux étaient totalement asséchés. Un constat qui coïncidait avec une hausse des taux d'évaporation de l'eau et une élévation des températures, l'été 2006 ayant battu des records de chaleur dans cette région du Canada.

Les températures pourraient gagner 4 à 7 °C d'ici à 2100
Les chercheurs avaient démontré en 1994 que ces étangs, à l'existence millénaire, évoluaient depuis le XIXe siècle sous la pression du réchauffement. Si ces conclusions avaient à l'époque suscité la controverse, elles font aujourd'hui l'objet d'un consensus. Mais l'ampleur de leurs observations était sans comparaison avec leurs derniers constats.
Cet assèchement de nombreux étangs n'a rien à voir avec la disparition de lacs subarctiques liée à la fonte du permafrost. Ici, on parle d'étangs dont l'eau s'est évaporée sous l'effet du réchauffement.
D'ailleurs, les chercheurs canadiens ont constaté que ce phénomène s'accompagnait d'une augmentation de la salinité de l'eau. Il n'est pas anodin que les marais environnants se soient eux aussi asséchés.
Les lacs, qui représentent la principale source d'eau de surface dans la plupart des régions polaires, ont une biodiversité très riche. Ils représentent l'habitat de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et d'invertébrés. Avec leur disparition, c'est tout un pan de la biodiversité qui est menacé.
Si ces travaux ont été menés uniquement sur cette région précise du pôle Nord, on peut imaginer que leurs résultats sont extrapolables à l'ensemble du continent arctique. Car le climat se radoucit au pôle Nord à un rythme presque deux fois plus rapide que sur le reste de la planète.
Les températures pourraient y gagner 4 à 7 °C d'ici à 2100 et la banquise arctique disparaître en période estivale dès 2040. Le taux de fonte de la glace de mer, mesuré en septembre, est désormais de 60 000 kilomètres carrés par an, soit 8 % par décennie.
Ce qui risque d'avoir pour conséquence non seulement la disparition des ours polaires, mais également de civilisations comme les Inuits.



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