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Actualité : Volcan de la Fournaise : bestiaire des abysses
Posté par anemone-clown le 13/4/2007 9:10:00 (820 lectures) Articles du même auteur

poisson globeConséquences des éruptions du volcan de la Fournaise à la Réunion : Le bestiaire des abysses s’allonge

Une nouvelle expédition au large des coulées en mer a permis hier de collecter des spécimens, en bon état, de poissons des grands fonds (nos précédentes éditions). Et là encore, les scientifiques exultent. Cette fois encore, ils ont ramené des espèces jamais été observées à La Réunion, cette fois encore. Grâce à La Fournaise et à son intense activité, le bestiaire des abysses s’allonge ainsi que la connaissance d’un milieu marin totalement méconnu.

(photo : Un poisson-globe encore jamais observé à la Réunion.)



Hier, vers 17 h à l’aquarium de Saint-Gilles. L’impatience de Patrick Durville, l’un des biologistes de la structure, est palpable. Il attend l’arrivée d’Alain Barrère, conseiller scientifique de la Maison du volcan, et de sa cargaison très spéciale. Avec Jean-Pascal Quod, de l’Arvam, et le club de plongée de Sainte-Rose, ce dernier a de nouveau collecté des poissons des grands fonds. “Malgré le vent, une mer hachée, un dynamisme éruptif violent”, l’équipe a renouvelé la pêche miraculeuse de dimanche et lundi (300 poissons représentant plus de 30 espèces). Cette dernière, conséquence des laves qui se jettent dans la mer, a une fois de plus été bonne. Elle est même excellente : “Cette fois, les spécimens sont en meilleur état. Certains étaient moribonds mais pas morts lorsqu’on les a repêchés”, souligne Alain Barrère. Ils avaient donc encore leur couleur, leur corps n’était pas défiguré par la chaleur. Sans compter que, cette fois encore, de nouvelles espèces ont été prises dans les épuisettes de l’équipe. L’inventaire démarre dans les locaux techniques de l’Aquarium. “Regardez, c’est un fistularia petimba, un fistulaire qui évolue à plus de 300 m de profondeur, s’exclame Patrick Durville. Il ressemble à son homologue corallien, brun et bleu. Mais à sa différence, il est rosé”. Petite taille, yeux démesurés, grandes bouches... les poissons qui s’étalent peu à peu sur la table affichent les caractéristiques de ceux qui évoluent dans les grands fonds. Là où la lumière perce à peine voire pas du tout, où le phytoplancton est inexistant. “Voilà une rascasse qui vit entre 500 et 1 000 m de profondeur ; un poisson-globe que l’on n’avait jamais observé”. Suit un spécimen bleu, visiblement un carnassier. “Je ne sais même pas à quelle famille il appartient... ”, lâche le biologiste.

Dans un mois, un taxonomiste pour faire la lumière

“Nous avons récolté ces poissons à la frontière entre la nappe calorifique qui se forme depuis le point de rencontre entre les coulées et la mer. La température y atteint les 42 degrés. Pour ce qui est de la profondeur, elle surpassait les 300 m, mais nous n’avons pas plus de précisions, notre sondeur était hors service”, précise Alain Barrère. Mais de toute évidence, nombre des spécimens récoltés appartiennent aux abysses. Un monde encore inconnu. “Les grands fonds représentent les trois quarts de la surface de la planète. Et nous ne connaissons qu’une infime partie. Les observations sont rares, nécessitent des sous-marins, les spécimens remontés ne sont observables que dans du formol... C’est inouï, une chance extraordinaire”, s’enthousiasme Patrick Durville. Il ajoute : “A ma connaissance, rien de tel, n’a encore jamais été observé dans le monde”. Le bestiaire abyssal réunionnais s’allonge donc. De nouvelles espèces évoluant dans les grands fonds vont venir enrichir la liste des poissons déjà observés. Un répertoire qui compte au jour d’aujourd’hui 1 000 espèces dont “entre 500 et 600 coralliennes, le reste étant des pélagiques ou provenant des grands fonds”, précise le biologiste. Pour aider à la classification de ces spécimens “offerts” par le volcan, un taxonomiste du muséum d’histoire naturelle de Paris, Jean-Claude Quéro, est attendu dans l’île d’ici à nun mois. Cet éminent spécialiste, à la retraite, reprend du service pour l’occasion. Il a travaillé sur les campagnes du Marion-Dufresne et connaît la faune marine des Mascareignes. En attendant ses conclusions, nos étranges poissons ont été photographiés et congelés. Une fois l’étude menée, ils rejoindront la collection du muséum de La Réunion.

Auteur: Bruno Graignic

Soource: http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=153445


 

- Pourquoi les poissons remontent et meurent ?

C’est une certitude, c’est le volcan qui a causé la mort des spécimens qui gisent désormais à l’aquarium. Comment et pourquoi ? Rien n’est encore clair. Alain Barrère et Patrick Durville élaborent à brûle-pourpoint, au même moment qu’ils analysent les spécimens, une hypothèse. “Leur vessie natatoire est gonflée à cause de la chaleur, mais leur peau n’est pas abîmée..., remarque Patrick Durville. Il se peut qu’un courant chaud les fasse remonter en surface. Et là, vu la température de l’eau, ils meurent”. Alain Barrère suit le raisonnement : “Nous avons constaté de grosses explosions sous-marines en bordure dues à un regain de l’activité volcanique. Celles-ci ont peut-être causé des ondes qui ont choqué ces poissons. Ensuite, ils ont été ramenés en surface par les courants chauds”. Tout cela reste du domaine du possible. Pratiquement aucune mesure n’a pu être effectuée avec la sonde et les bouteilles à renversement embarquées hier. Celles-ci auraient permis d’analyser la température, la conductivité et l’Oxygène présent en profondeur. Autant d’éléments permettant de tirer quelques conclusions. De nouvelles expéditions sont déjà programmées pour ce week-end.



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