| Actualité : Océanopolis : « Chauds les coraux » - Attention, fragile ! |
| Posté par clotilde le 8/4/2008 10:20:37 (74 lectures) Articles du même auteur |
Vincent Durupt - Le Télégramme
Depuis samedi, Océanopolis propose une grande exposition intitulée « Chauds les coraux ! ». Une invitation à découvrir un monde captivant, dont 30 % seulement aujourd'hui restent en très bonne santé.
20 % des récifs coralliens détruits, 50 % menacés, 30 % intacts : « Tout n'est pas perdu, mais il est temps de faire quelque chose », résume Jean-Paul Alayse, le conservateur d'Océanopolis.
Comme l'établissement l'avait déjà fait pour « Voyage aux pôles », son exposition annuelle colle avec un temps fort international. L'année 2008 est celle des récifs coralliens, lesquels couvrent environ 400.000 km² en zone intertropicale, avec plus de 800 espèces inventoriées. À l'origine de ces édifices, parfois gigantesques : des polypes minuscules qui filent la vraie vie avec des algues microscopiques.
Un tiers des espèces marines connues« Les récifs coralliens ne représentent que 0,1 % de la surface des océans mais hébergent un tiers des espèces marines actuellement connues », explique Claude Le Milinaire, commissaire de l'exposition. Des milieux comme les mangroves, les herbiers y sont associés. Bref, la biodiversité y est très importante. Des phénomènes naturels (cyclones, tsunamis) détruisent des récifs mais l'homme y a ajouté sa pierre (pollutions diverses, surpêche). Le réchauffement climatique pourrait jouer aussi des mauvais tours si les toutes petites algues, dont les coraux sont friands, désertent. Davantage de gaz carbonique dans l'eau peut nuire également aux organismes dont le squelette est calcaire.La France, du fait de sa présence outre-mer, occupe le quatrième rang, avec 55.000 km², des nations possédant des massifs coralliens, après l'Indonésie, l'Australie et les Philippines. Le pays participe à la sensibilisation sur le sujet à travers l'Ifrecor (Initiative française pour les récifs coralliens). L'Agence des aires marines protégées, dont le siège est à Brest, s'y intéresse également avec, d'ailleurs, un projet à Mayotte. Un garde-manger« Un demi-milliard de personnes vivent, dans le monde, des ressources des récifs coralliens », observe Claude Le Milinaire. Pour lui, préserver ce qui est aussi un garde-manger ne pourra se faire qu'avec les populations concernées.« Chauds les coraux ! », qui sera inaugurée samedi (peut-être en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie), a notamment pour parrain Antoine, qui vit depuis plus de 30 ans sous des cieux où l'esthétisme des coraux a devancé les chemises à fleurs, et Bernard Salvat, professeur émérite de l'université de Perpignan, qui fait autorité sur les récifs coralliens.L'essentiel de l'exposition, visible jusqu'à fin 2009, est proposé sous une paillotte de 450 m². S'y ajoute un film qui accompagne le plongeur-photographe Laurent Ballesta jusqu'à 150 m de profondeur en Nouvelle-calédonie. Un espace « mer Rouge » a été ajouté au pavillon tropical, avec notamment une fresque de 120 m² réalisée par la peintre-plongeuse Malvina. Des images, par 150 m de fond, aux îles LoyautéEn janvier, le biologiste, plongeur et photographe Laurent Ballesta est descendu pour Océanopolis, à 150 m de profondeur, le long d'un récif des îles Loyauté, à Lifou. Un beau résultat.
Des progrès en matière de plongée permettent, aujourd'hui, de descendre profond. En août 2007, Laurent Ballesta a ainsi signé une photo par 192 m de fond, en Méditerranée. Un record.
En scaphandre autonome, il est descendu pour Océanopolis, par 150 m de profondeur, en Nouvelle-Calédonie.
Douze et 26 minutesLe film réalisé à cette occasion par Gil Kebaïli (proposé à Océanopolis en deux versions, de douze et 26 minutes) est intitulé « Au royaume du nautile », du nom d'un céphalopode des mers chaudes, à la coquille spiralée et cloisonnée.Ce film constitue un voyage étonnant le long d'un mur vertical, où Laurent Ballesta promène ses yeux. Il croise, entre autres, un alcyonnaire (corail mou), de deux mètres, qui ressemble à un palmier. Également une étoile de mer, de couleur rouge, décrite une seule fois jusque-là et qui ne porte pas encore de nom scientifique.Crabes trapèzes, poissons velours : ces patronymes imagés appartiennent à un univers qui n'a pas tout dit encore, loin de là. Il existe aussi une vie « cryptique », loin à l'intérieur des coraux. Au demeurant, même aux « fenêtres » et au voisinage, le spectacle est somptueux.Le commentaire de Laurent Ballesta, à la fois simple et passionné, sonne juste aussi. Le secret de la mer Rouge... À l'occasion de cette exposition, Océanopolis s'est doté d'un espace « mer Rouge » installé dans l'espace tropical.Océanopolis a sollicité Malvina, peintre-plongeuse, qui réalise des oeuvres sous l'eau. Elle leste sa toile, posée au fond de l'eau ou sur un rocher. Malvina utilise son pinceau en apesanteur et de la peinture à l'huile qui n'est pas soluble dans l'eau. Dans le cas précis, elle a restitué une fresque murale de 120 m², associée à un jardin de corail. L'espace, baptisé « Secrets de la mer Rouge », est destiné aux enfants. À travers la passe du récif, ils pénètrent dans un lagon. Là, grâce à des modules, ils découvrent les secrets des coraux. Vidéos, vitrines, écrans tactiles et maquettes viennent aider une découverte qui reste ludique tout en étant pédagogique. |
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