Accord européen sur les quotas de pêche
Les poissons sont désormais fixés sur leur sort, les ministres européens de la pêche sont tombés d'accord sur les quotas de pêche autorisés pour chaque espèce de poissons. Chaque année, c'est le même exercice, chaque année ce sont les même négociations interminables et chaque année, c'est le même constat : il y a de moins en moins de poissons.
C'est le cabillaud de la mer du nord qui pose le plus de problèmes aux scientifiques. Selon eux, il faudrait tout simplement suspendre en 2007 et 2008 la pêche de ce poisson pour espérer voir l'espèce se refaire une santé.
Le cabillaud fait l'objet de toutes les attentions européennes depuis 2004 pour tenter d'enrayer la disparition annoncée de cette espèce mais les scientifiques estiment que les mesures actuelles ne suffiront pas. D'autant que les quotas de prises sont régulièrement dépassés, de trop jeunes poissons disparaissent avant même de s'être reproduits.
L'accord de cette nuit prévoit selon les zones de pêche une réduction des prises de 15 à 20%. Les pêcheurs devront également réduire leurs jours de pêche de 8 à 10%. Pour les anchois, sujet très sensible entre la France et l'Espagne, les Européens ont convenu de réduire le nombre de bateaux de pêche de ces deux pays durant 3 mois puis de réévaluer la situation. L'Espagne demandait la suspension de la pêche des anchois, un moratoire refusé par la France.
Depuis 20 ans, les quotas n'ont cessé de diminuer au grand dam des 500 000 personnes dans l'union qui vivent de la pêche. De manière plus globale, il y a plusieurs mois, la Commission a proposé de réduire encore les capacités de pêche de l'union, en soutenant notamment la reconversion des pêcheurs qui veulent quitter le secteur, l'Union compte encore 90 000 bateaux de pêche.
(Photo Belga)
Une "recette pour un désastre"
C’est en tout cas l’avis de l'organisation de défense de l'environnement WWF. Alors que le Conseil international pour l'exploitation des mers (Ciem)", préconisait de geler les prises de cabillaud pour 2007, l'accord autorise à en pêcher 19.957 tonnes", déclare WWF qui regrette également que les jours de pêche n'aient été diminué que de moins de 10%. La pêche à l'anchois, "officiellement ré-ouverte dans un but expérimental" est "un cadeau à la France et l'Espagne" et "laisse peu d'espoir aux stocks d'anchois de résister à la pression", poursuit WWF. Pour l'ONG, le principe d'une réforme engagée en 2002 pour la sauvegarde des ressources halieutiques dans l'UE, par laquelle les "ministres européens s'étaient engagés à mettre fin à l'opportunisme politique de court terme a été réduite à une coquille vide".
Source : RTBF (www.rtbf.be)