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Calloplesiops altivelis : Betta de mer, poisson comète

Calloplesiops altivelis : fiche poisson de maintenance en aquarium.

Recherche détaillée : - Plantes - Poissons - Invertébrés - Coraux - Algues - Aqua-Terrariophilie
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Taxonomie

Classe : Actinopterygii
Ordre : Perciformes
Famille : Plesiopidae
Genre : Calloplesiops
Espèce : altivelis

Descripteur : Steindachner
An : 1903

Données aquariophiles

Noms communs :
(français) Betta de mer, poisson comète

Origine géographique : Indopacifique
Rareté : Courant

Maintenance : facile
Type d'aquarium : Mini
Taille : 16 cm

Espèces du genre (2)

Liste des 2 espèces appartenant au même genre taxinomique que calloplesiops altivelis.
Calloplesiops altivelis Calloplesiops argus

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Description de Calloplesiops altivelis, Betta de mer, poisson comète

Le nom de genre, Calloplesiops, indique qu'il est voisin du genre Plesiops et qu'il est magnifique. Le nom d'espèce, altivelis précise : "à hautes nageoires".
Calloplesiops altivelis
Calloplesiops altivelis

L'origine géographique et l'aire de distribution de Calloplesiops altivelis est étendue. La localité typique est l'île de Nias, sur la côte sud-ouest de Sumatra, puis le poisson comète a été retrouvé par Fowler et Bean (1930) aux Philippines et en Indonésie. Présent au Sud de l'archipel du Japon (Ryukyu). mer de Chine, Nha-Trang (Fourmanoir 1965). Afrique orientale (Zanzibar), Mozambique (Baixo Pinda), Aldabra, Séchelles (Smith 1952, Tyler 1967). Mer Rouge, île Abulat (Roux-Estève 1956). McCosker (1977, 1978) a fait connaître un bon nombre de localités nouvelles : Mer Rouge (Éthiopie, Golfe d'Aqaba, Détroit de Jubal), Grande Comore, Maldives, Palau, Tuamotu. Hoese et Ruiler (1984) enfin l'ont cité du Queensland. Il s'agit donc d'une espèce à très vaste répartition indopacifique dont la rareté apparente est due à son caractère timide et à son biotope relativement profond et accidenté (fissures et grottes dans le récif).

La taille des spécimens du Betta de mer est semblable à celle de Calloplesiops argus, jusqu'à 160 mm LT (longueur totale, avec le pédoncule caudal) environ au moins. Selon la diagnose originale, le mâle holotype était long de 160 mm LT. En fait, la longueur standard LS = 92 mm (Tyler 1967) et LT = 140 mm (d'après une photographie avec échelle communiquée en mai 1983 par le regretté Dr. R. Hacker). Les 9 spécimens étudiés par Tyler vont de 53,8 à 99,5 mm LS.

Les principaux synonymes de ce poissons sont assez nombreux, tant l'intérêt des scientifiques a été intense :
Plesiops altivelis Steindachner, 1903 (Sumatra, Nias)
Calloplesiops niveus Fowler et Bean, 1930 (Philippines, Indonésie)
Barrosia barrosi Smith, 1952 (Baixo Pinda, Mozambique)
Calloplesiops abulati Roux-Estève, 1956 (île Abulat)
Barrosia altivelis Tyler, 1967.
Nous retirons de la synonymie Calloplesiops argus Fowler et Bean 1930, qui est une espèce valide (Condé 1983).

aquariologie :

L'espèce est importée depuis 1970 environ, principalement des Philippines. Calloplesiops altivelis est un bon exemple d'une espèce, supposée rare, mais qui est devenue rapidement accessible aux amateurs, à la suite des prospections des pêcheurs chargés d'alimenter le marché des poissons coralliens. Jusqu'en 1929, l'espèce ne fut connue que par l'unique exemplaire décrit par Steindachner. A partir de 1930, de nouveaux spécimens sont signalés, étendant considérablement l'aire de distribution, et l'apparition de l'espèce sur le marché aquariophile, d'abord timide [le premier spécimen importé en France par G. Favé en décembre 1971; deux spécimens sont signalés d'Allemagne en février 1971 (Chlupaty 1972)], devint assez fréquente et régulière, avec pour conséquence une baisse sensible des prix. Cette activité de récolte aux Philippines devait conduire, début 1983, à la redécouverte de Calloplesiops argus Fowler et Bean 1930 dont le seul spécimen connu avait été considéré comme identique à Calloplesiops altivelis (Condé 1983).

Caractères de la famille :

Les Plésiopidés forment une petite famille du vaste groupe des Serranoïdes, voisine de celles des Serranidés, des Pseudochromidés et des Grammidés. Le type en est le genre Plesiops, que Cuvier (1816) décrit comme "des Chromis à tête comprimée, à yeux rapprochés, à très longues ventrales". Poissons allongés, comprimés latéralement ; corps couvert d'écailles grandes ou moyennes, cténoïdes ou "ciliées" (lorsque les dents du bord postérieur s'allongent). Deux lignes latérales, résultant de l'interruption, vers le milieu du corps, de la ligne unique qui comporte alors une portion antérieure qui s'étend le long de la nageoire dorsale et une portion postérieure, plus courte, située à mi-flanc. Bouche moyenne, protractile ; mâchoires égales, pourvues de petites dents et de dents un peu plus développées ou canines. dents vomériennes et palatines. Une seule dorsale dont la partie épineuse (11 à 15 épines) est aussi longue ou plus longue que la partie molle. Anale à trois épines. Queue arrondie ou en pointe, pectorales arrondies, pelviennes longues, très rapprochées l'une de l'autre, insérées au niveau des pectorales ou un peu en avant d'elles. Calloplesiops altivelis et Calloplesiops argus sont des poissons côtiers, petits ou moyens, carnivores, répandus dans l'Indo-Pacifique tropical, de l'Afrique à l'Australie. Springer (1982) a suggéré que la famille pourrait ne pas être monophylétique. De nouvelles recherches sont nécessaires pour établir les affinités d'Assessor, Trachinops et Calloplesiops avec les trois genres les plus typiques de la famille, Plesiops, Paraplesiops et Fraudella (Hoese et Kuiter 1984).

Caractères du genre :

Corps fortement comprimé. Les écailles sont assez grandes, cycloïdes sur la tête et la région antérieure du corps, devenant cténoïdes sur les flancs. Bouche modérément protractile, avec de petites dents pointues en rangée sur les mâchoires ; quelques dents vomériennes et palatines. La langue est lisse. Les rayons mous de la dorsale, de l'anale et de la caudale sont longs et grêles; la membrane est à peine échancrée entre les épines de la dorsale et de l'anale (contrairement à ce que l'on observe chez Plesiops et Paraplesiops). L'épine des ventrales est longue et bifide, mais peu épaissie. Enfin, l'aspect général est très différent de celui des autres représentants de la famille.

Caractères de l'espèce :

"Poisson d'une magnificence incroyable" écrit Smith qui avait observé son unique spécimen flottant au soleil, juste après sa mort. Les formes et la parure de cette espèce sont assurément très frappantes, et les noms de "Poisson-Miracle" ou de "Comète" en témoignent. Sur le corps et les nageoires (sauf les pectorales), d'un noir de velours à reflets bruns, se détachent des points blancs bleutés, de taille moyenne, formant des rangées horizontales: ils sont plus petits et plus bleus sur les nageoires, en particulier vers les marges. La dorsale présente, vers la base des trois derniers rayons mous, un gros ocelle elliptique, à centre très sombre, bordé de bleu clair et souligné, vers le bas, d'une bandelette jaune orangée qui, lorsque les nageoires sont dressées, prolonge vers l'avant une tache de même couleur, portée par la base de la caudale ; une très petite marque du même jaune, sur la base postérieure de l'anale, fait pendant aux précédentes. Une macule très sombre au niveau des 4 premières épines de la dorsale. Rayons des pectorales de brun jaune à jaune de chrome brillant; rayons des pelviennes brunâtres. Iris de l'oeil brun sombre, marqué d'un anneau de points blancs bleutés ; une mince ligne claire, parfois indistincte, borde la pupille. Chez les jeunes spécimens, les points clairs sont relativement plus grands, mais moins denses sur le corps, certaines écailles en étant encore dépourvues ; ces dernières présentent néanmoins un centre un peu plus clair, marquant l'emplacement du futur point blanc.

Il n'existe aucun dimorphisme sexuel en ce qui concerne le patron de coloration ; Fowler et Bean ont noté (à propos de niveus) que les femelles sont apparemment aussi brillantes que les mâles et W. Bleys (Borgerhout, Belgique) affirme avoir observé et photographié une ponte et des alevins, obtenus en aquarium de deux parents identiques, ce que confirme Nooijen (1984). A ce jour, la reproduction en aquarium récifal est tout à fait maîtrisée. En revanche, Calloplesiops altivelis présente une robe de nuit spécifique car la couleur de fond du dessus de la tête et de la nuque vire du noir à un gris plus ou moins clair.

mimétisme : (d'après McCosker 1978)

L'ocelle de la dorsale, souligné d'orange et particulièrement voyant, peut donner lieu à diverses hypothèses explicatives. Il pourrait être un leurre qui détourne l'attaque du prédateur de l'oeil véritable, très peu visible dans le cas présent; on connaît de nombreux exemples de faux-yeux chez les poissons (Chétodontidés, entre autres), l'oeil étant lui-même camouflé par une bande ou un masque sombres. Toutefois, l'examen d'une douzaine de spécimens ne révèle aucun dommage particulier à cet endroit. L'apparition soudaine du faux-oeil, lorsque le poisson érige ses nageoires, pourrait surprendre et effrayer les prédateurs, aussi bien que les autres poissons qui se trouvent à proximité; cette fonction est bien connue chez de nombreux insectes (Mantides, Papillons) et la grenouille africaine Phrynobatrachus cricogaster, par exemple. Les observations en aquarium confirment cette interprétation. Enfin, l'ocelle serait un composant d'un mimétisme bactérien, dans lequel le modèle serait la Murène Gymnothorax meleagris.

Des observations en aquarium et dans la nature (Grande Comore) montrent que lorsque Calloplesiops altivelis est effrayé il se précipite vers un abri, fissure ou espace sous un rocher, y dissimule la tête et l'avant corps et présente à l'extérieur l'ensemble des nageoires impaires dressées, mettant bien en évidence la tache oculiforme de la dorsale. Dans cette posture, la ressemblance avec la tête d'une Murène pintade est frappante, le patron de coloration tacheté, et l'oeil cerclé de clair, étant assez fidèlement reproduits. Il a été constaté que certains spécimens, plus actifs que les autres, intimidaient les poissons du bac dans lequel ils venaient d'être introduits en leur présentant la nageoire caudale en extension et en s'approchant d'eux à reculons, avec des ondulations du corps et des nageoires.

Fiche de maintenance détaillée de Calloplesiops altivelis

Qualité de l'eau :

La biologie de l'espèce est toujours mal connue; les observations sont sporadiques, étant donné le biotope fréquenté (trous et cavernes dans le récif entre la surface et 30-45 m). Il convient de prévoir des cachettes et d'éviter un éclairage trop intense. En aquarium au moins, l'activité est plutôt crépusculaire, mais non nocturne. Calloplesiops altivelis est caché le plus souvent pendant la nuit et ne s'alimente pas. Un aquarium de capacité modeste (200 litres) peut suffire, car les déplacements sont limités.

Longévité, maladies :

De Graaf (1976) mentionne une longévité de 3 ans seulement à l'Aquarium d'Artis. Un premier spécimen à vécu 7 ans à l'aquarium de Nancy, malgré des conditions relativement médiocres, et a présenté des symptômes d'hydropisie pendant les derniers mois. Aucune affection cutanée n'a été décelée chez cette espèce qui, de ce point de vue, paraît particulièrement résistante. La cicatrisation des déchirures des nageoires, très fréquentes en raison des dimensions et de la fragilité de ces dernières, est extraordinairement rapide. A l'emplacement des cicatrices, le patron de coloration peut présenter de petites altérations, telles que la jonction de points voisins pour former des tirets (sur la ligne médiane de la caudale, par exemple).

Cohabitation et comportement :

En aquarium, comme sans doute dans la nature, Calloplesiops altivelis montre une nette préférence pour les lieux abrités et sombres. Il reste immobile de longs moments, le corps oblique (tête vers le bas le plus souvent), et ne fait que d'assez courts séjours en pleine eau. Il est, de plus, timide et doué d'une excellente vue. L'observateur doit donc se dissimuler pour éviter des réactions de fuite qui sont, elles, très rapides, en contraste avec la nage lente et ondulante d'un spécimen non effrayé.

Les relations intraspécifiques des Calloplesiops sont assez claires. L'espèce est solitaire, hormis le temps de la reproduction, et la réunion de deux individus ou de plusieurs (bacs de réception) s'avère le plus souvent critique, car tôt ou tard, ils se déchirent les nageoires et s'arrachent quelques écailles des flancs au cours de combats latéraux ou frontaux. En revanche, il n'y a pas présentation de la caudale, comme dans les parades interspécifiques! La présence de cachettes n'est pas un remède très efficace car les animaux se recherchent activement. Il existe cependant des exceptions. Chlupaty (1972) en a possédé une paire qui s'entendait bien, en dehors des parades d'intimidation, toutes nageoires étendues, au cours desquelles les morsures étaient d'ailleurs rares.

Les relations interspécifiques sont bonnes et l'espèce est inoffensive. C'est surtout Calloplesiops qui risque de pâtir de la concurrence alimentaire d'espèces plus vives (sauf exceptions) et peut aussi se faire déchirer les nageoires ou même tuer (par un jeune Pomacanthus imperator, par exemple). Convient pour des bacs d'invertébrés, les polychètes et de petits crustacés (mysis, copépodes) pouvant seuls être consommés.

Alimentation et nourriture :

La principale difficulté consiste à induire l'animal à s'alimenter. Beaucoup d'échecs d'acclimatation concernent des spécimens affaiblis, principalement ceux de petite taille, qui refusent de manger les aliments habituels (chair de moule surtout). Les petits crustacés, parmi lesquels les artémias adultes, semblent être la meilleure nourriture de départ (confirmé par P. Chlupaty 1972 et N.E. Lapira 1973). Calloplesiops altivelis mange aussi des vers (tubifex, enchytrées, Néreis), des larves de chironomes, de la chair de mollusques et des alevins. Les néréis vivants sont particulièrement attractifs et devrait constituer la base de l'alimentation.

Protocole d'élevage et reproduction Calloplesiops altivelis :

Le couple reproducteur signalé plus haut est un autre exemple. Nooijen (1984) a disposé, lui aussi, d'un couple et il a observé le comportement de parade nuptiale et la ponte dans un bac d'une contenance nominale de 525 litres. La parade est violente et débute le plus souvent 1 à 2 heures avant l'extinction de l'éclairage; les partenaires tournent sur eux- mêmes, dans une attitude menaçante; à mesure que les nageoires sont mordues, elles pâlissent et deviennent brun clair ou parfois transparentes. Des fragments arrachés voltigent souvent. La parade se poursuit jusqu'à l'extinction de l'éclairage, à la suite de laquelle les poissons disparaissent derrière les roches. Elle reprend quelquefois le soir suivant. Les oeufs, au nombre de 200 environ, sont groupés en un boudin, collés à une pierre plate verticale ; leur diamètre est de 3-3,5 mm ; ils sont de couleur gris clair et fixés par une sorte de filament; après 8 jours, ils deviennent noirs, les yeux des alevins étant bien visibles. L'un des parents, peut-être le mâle, surveille la ponte.
Ponte de Calloplesiops altivelis et mâle surveillant la ponte


Auteur: anemone-clown, le

Commentaires concernant CALLOPLESIOPS ALTIVELIS :