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Accueil Poissons (Eau de mer) Labroides phthirophagus

 Labroides phthirophagus   Randall, 1958
Publié par anemone-clown le 7/11/2007 11:05 (493 lectures) 
 
Labroides phthirophagus
Tous droits réservés sur la photo - AquaPortail.com
Classe : Actinopterygii
Ordre : Perciformes
Famille : Labridae
Genre : Labroides
Espèce : phthirophagus
Nom commun : Cossyphe d'Hawaï
Origine géographique : Hawaï
Taille : 7 à 8,5 cm
Rareté : Très rare
Maintenance :

Description :
Le nom de genre, Labroides, signifie « qui ressemble à un Labre » et le nom d'espèce phthirophagus veut dire littéralement « mangeur de poux » (vermine, parasites).

Originaire de l'Archipel des Hawaï dont il est endémique ! Abondant, il y remplace Labroides dimidiatus. Une forme voisine (cf. phthirophagus) existe à Palau (Axelrod et Burgess, Paciff mar. Fishes).

La longueur standard maximum atteint 83,5 mm ; le plus petit spécimen n'a que 18,8 mm LS ; le type ayant servi à la description est un mâle de 69 mm.

Identification :

Observée pour la première fois par J.E. Randall, en 1950, l'espèce fut décrite par cet auteur dans sa révision du genre Labridés (Pac. Science, 1958). Les 4 espèces attribuées à ce genre peuvent être caractérisées de la façon suivante (Randall, Schultz, U.S.N.M., 1960).

1 a. - Ecailles de la ligne latérale (chacune portant un pore) au nombre de 50-54 ; couleur bleu clair avec une bande latérale gloire de l'extrémité du museau au bord postérieur de la caudale. Tout l'Indopacifique -> Labroides dimidiatus Cuvier et Valenciennes.

1 b. - Ecailles de la ligne latérale au nombre de 25-28. Coloration différente.

2 a. - Museau relativement long, égal à 2,1-2,5 fois le diamètre de l'ail. pédoncule caudal et nageoire caudale clairs, cette dernière avec un croissant sombre chez l'adulte. Pacifique tropical et une partie de l'Océan indien Labroides bicolor Fowler et Bean.

2 b. - Museau relativement court, égal à 1,5-1,9 fois le diamètre de l'oeil. pédoncule caudal et nageoire caudale noirs, sauf les marges supérieure et inférieure de cette dernière.

3 a. - Une bande latérale noire s'étend depuis l'extrémité du museau et se confond avec la moitié postérieure du corps qui est noire comme la nageoire caudale ; les bords clairs de cette dernière sont magenta sur le vivant ; pas de raie sombre au dessous de l'oeil. Hawaï -> Labroides phthirophagus Randall.
3 b. - Une bande latérale noire s'étend depuis l'extrémité du museau et se dilue progressivement dans la large tache orange sombre sur le vivant (brun pâle en alcool) qui occupe le milieu du corps ; une étroite bande sombre au-dessous de l'oeil, du menton à la base de la pectorale (faible chez les petits adultes) ; bords clairs de la caudale bleu lavande clair sur le vivant. Iles de la Société et Archipel des Tuamotu -> Labroides rubrolabiatus Randall.

Les caractères anatomiques de Labroides phthirophagus sont voisins de ceux de Labroides dimidiatus. Bouche et dentition semblables, ainsi que la formule des nageoires. Le compte des écailles de la ligne latérale est le principal caractère différentiel, valable pour les adultes et les jeunes.

Coloration :

Adulte, la région antérieure du corps est jaune de chrome brillant. Une bande sombre, partant de la pointe du museau, traverse l'oeil, puis, vers le milieu du corps, s'élargit et occupe alors tout le flanc ; d'un noir mat dans sa portion étroite, elle présente en s'élargissant des reflets métalliques d'un bleu-vert profond, plus accentués vers le DOs et plus encore vers le ventre. La bande se prolonge jusqu'à l'extrémité de la nageoire caudale dont les bords supérieur et inférieur sont d'un magnifique rouge magenta.
Juvénile (18,8 mm LS), le corps est noir, à l'exception d'une large bande de couleur violet vif le long du dos qui se prolonge sur la marge dorsale de la nageoire caudale Aucune trace de couleur jaune à ce stade ; celle-ci apparaît sur le dessus de la tête et sur la région antérieure du corps vers 50 mm.

Importation - Acclimatation :

Labroides phthirophagus est importé en France depuis environ 2 ans. On l'a considéré jusqu'ici comme très difficile à acclimater, soit qu'il meure sans raisons apparentes dans les jours qui suivent sa réception, soit qu'il refuse de s'alimenter. Randall mentionne trois tentatives d'introduction en aquarium qui ont été très rapidement interrompues par la disparition des spécimens (mangés immédiatement par d'autres Labridés ou non retrouvés dès le lendemain matin).

 Fiche détaillée de Labroides phthirophagus

 Qualité de l'eau :
Tolérant. Vivent souvent par paire, quelquefois seuls ou en groupes de 3 à 5 (une paire d'adultes accompagnée de juvéniles en général).

 Cohabitation :
Labroides phthirophagus a été classé parmi les nettoyeurs obligatoires (Randall, Youngbluth, Z. Tierpsychol., 1968). Losey (Copeia, 1972) a d'ailleurs confirmé que la plupart des spécimens n'exploitent pas les nourritures de substitution et se laissent mourir de faim. Cette dépendance très étroite nettoyeur-hôte fait davantage penser à des relations de type parasitaire ou commensaliste qu'à une association symbiotique à bénéfices réciproques (mutualisme), l'hôte étant parfaitement capable de survivre sans nettoyeur, alors que l'inverse ne semble pas le cas.
Youngbluth puis Losey ont renouvelé dans des récifs des Hawaï l'expérience de Limbaugh (Scientist American, 1961) effectuée dans l'Océan indien. Ce dernier avait en effet constaté, après avoir retiré tous les nettoyeurs (Labroides dimidiatus) d'une portion de récif, une réduction sensible, par migration, du nombre des poissons et une élévation très nette du taux d'infestation des poissons n'ayant pas quitté les lieux. Ils n'ont cependant pas pu obtenir des résultats comparables avec Labroides phthirophagus, malgré la mise en oeuvre de moyens d'observation très importants.
Comme les autres espèces de Labroides, celle-ci ne montre aucune spécificité dans le choix des hôtes qui sont, le plus communément, des Acanthuridés, des Pomacentridés, des Scaridés, des Labridés, des Chétodontidés, des Mullidés et des Plectognathes. La nage ondulante «d'appétance au nettoyage» est identique à celle de Labroides dimidiatus, mais moins fréquente ; comme ce dernier, Labroides phthirophagus pénètre dans les cavités branchiales et la bouche des grandes espèces.

 Alimentation :
L'examen de contenus stomacaux démontre que la nourriture de base, dans la nature, consiste en copépodes et isopodes ectoparasites de Poissons ; on trouve aussi des écailles et des morceaux de téguments, arrachés en même temps que les parasites, et une quantité non négligeable de petits Cyclopoides libres. L'espèce a été encore vue dévorant des oeufs d'Abudefduf. Elle semble pourtant moins volontiers planctonophage que Labroides dimidiatus, par exemple, ce qui explique la difficulté de son maintien en aquarium.
Nous rapportons ici quelques observations faites à Nancy. Deux spécimens, acquis auprès de G. Favé, le 9 mars 1974, on t été placés chacun dans un bac de quarantaine de 200 litres, en compagnie de quelques poissons. L'un d'eux manifesta dès l'arrivée de la fatigue, nageant avec quelque difficulté et se reposant en plein jour à l'abri des branches de coraux ; il mourut après 48 heures. L'autre, au contraire, se montra très actif et même trop ardent à «nettoyer» les autres Labridés (Halichoeres, Macropharyngodon, Cirrhilabrus) qui lui tenaient compagnie.
La première nourriture présentée fut une Moule vivante dans ses valves, car cet aliment est toujours le plus attractif pour les Labroides dimidiatus qui arrivent fraîchement. Ce fut un échec complet, confirmant d'ailleurs des essais de G. Favé et de ses aides qui avaient aussi essayé, sans succès, la chair de Moule cuite.
Toutefois, une surprise fut constatée lors de la distribution de larves rouges de Chironomides, destinées, initialement, aux autres habitants du bac. En dépit de sa bouche relativement petite, notre Labroides les saisit avec avidité, en rejetant quelques unes, mais en avalant un bon nombre. Même succès avec des artémias adultes vivantes, du plancton marin surgelé et des Enchytrées. Après trois semaines environ, il accepta de très menus fragments de manteau de Moule cuite et picora les Moules crues. Cet éventail alimentaire, finalement large, et une grande vigueur ont permis d'envisager, après une quarantaine d'un mois et demi, le transfert de Labroides phthirophagus dans un bac qui présente déjà quelques espèces de la faune hawaienne, en particulier Chaetodon tinkeri, Ctenochaetus hawaïensis, Zebrasoma flavescens, Pervagor spilosoma et Halichoeres ornatissimus.
Le transfert eut lieu le 18 avril 1974, mais le poisson rencontra la concurrence d'espèces vigoureuses et rapides et surtout celle d'un Labroides dimidiatus qu'il n'avait pas été possible de retirer. Les poursuites incessantes entre les représentants de ces deux espèces voisines, l'avantage revenant d'abord à dimidiatus, ensuite à phthirophagus ont eu une influence néfaste sur le comportement général et alimentaire de ce dernier qui mourut moins d'un mois plus tard. Sous d'autres conditions, ce spécimen aurait sans doute survécu. Un spécimen en bon état alimentaire se trouve à l'aquarium du Jardin zoologique de Bâle; la fréquence relative des individus acceptant de se nourrir est à préciser.

 Liste des espèces appartenant au même genre (Labroides) que Labroides phthirophagus:

 - Labroides bicolor - Labroides dimidiatus - Labroides phthirophagus


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