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Accueil Poissons (Eau de mer) Diploprion bifasciatum

 Diploprion bifasciatum   Cuvier, 1828
Publié par anemone-clown le 3/11/2007 12:59 (379 lectures) 
 
Diploprion bifasciatum
Tous droits réservés sur la photo - AquaPortail.com
Classe : Actinopterygii
Ordre : Perciformes
Famille : Serranidae
Genre : Diploprion
Espèce : bifasciatum
Nom commun : Diploprion à deux bandes
Origine géographique : Indo-pacifique ouest
Taille : 25 à 30 cm
Rareté : Très rare
Maintenance :

Description :
Le nom de genre, Diploprion, signifie « à double scie » (allusion à la double dentelure du préopercule) et le nom d'espèce, bifasciatum, indique « à deux bandes ».

La localité typique d'origine géographique est Java, où l'espèce fut découverte par Kuhl et Van-Hasselt, deux jeunes naturalistes néerlandais, auteurs du binome Diploprion bifasciatum qui fut conservé et publié par Cuvier. Inde et Ceylan, archipel indo-australien, Chine, Philippines, Japon méridional, de l'Australie occidentale au Queensland; signalé comme rare dans le sud-ouest du Pacifique, il est néanmoins commun en Nouvelle-calédonie (Fourmanoir et Laboute) ; absent de l'Océan indien occidental.

Initialement importé à l'état juvénile sans retenir l'attention des amateurs, la croissance est lente, jusqu'à 30 cm de longueur totale, généralement plus petit (15 - 20 cm).

Limites et caractères de la famille :

Les anciens auteurs ont considéré les Grammistinés comme formant une sous-famille des Serranidés, mais Gosline (1960) a proposé de les considérer comme une famille à part - Grammistidés -, dans laquelle il inclut les genres Grammistes, Rypticus, Pogonoperca, Grammistops et Pseudogramma. Sa définition de la famille en exclut Diploprion, bien qu'il considère ce genre comme le - Serranidé le plus voisin des Grammistidés. Schultz (1966) divise la famille en Grammistinés et Pseudogramminés ; il ajoute aux Grammistinés les genres Rainfordia, Diploprion et Aulacocephalus. Greenwood et al. (1966) reconnaissent les Grammistidés et les Pseudogrammidés comme deux familles distinctes. Seuls les représentants de la première famille sécrètent, en certaines circonstances, de grandes quantités d'un mucus qui peut rendre mousseuse la surface de l'eau, ce qui justifie leurs noms vernaculaires de «savonniers» ou «soapfishes». Le mucus renferme une ichthyotoxine pour laquelle fut proposé le nom de grammistine (Randall 1971). Rainfordia est, soit un Serranidé, soit le représentant d'une famille monotypique (Randall 1971).

Les Grammistidés peuvent être définis de la façon suivante :

Marge supérieure de l'opercule rattachée au corps par un lambeau de peau ; bouche grande, la mâchoire inférieure proéminente, le maxillaire s'étendant jusqu'à la verticale passant par le centre de l'azil ou au delà ; supramaxillaire présent ; dents en bandes villeuses sur les mâchoires, le vomer et les palatins ; 3 épines operculaires (sauf une espèce de Rypticus qui n'en a que 2) ; bord préoperculaire fortement dentelé ou avec 1 à 4 épines ; tête et corps modérément à fortement comprimés ; interorbitaire faiblement à fortement convexe ; profil ventral de la tête généralement en saillie sur celui du thorax ; une seule ligne latérale complète ; écailles petites, souvent enfoncées, 75 à 140 rangées environ entre l'origine de la ligne latérale et la base de la caudale ; pas de grandes écailles. sur l'opercule ; une ou deux dorsales (non séparées à la base dans le second cas) ; caudale, pectorale et portions molles de la dorsale et de l'anale arrondies ; 15 rayons branchus à la caudale (sauf Rypticus avec 16 ou 17) ; II à IX épines à la dorsale et 12 à 27 rayons ; II ou III épines anales (0 chez Rypticus) très courtes, la plus longue égale au plus ij la moitié du rayon le plus long, et 8 à 17 rayons ; pectorale avec 13 à 18 rayons ; pelviennes I- 5, le dernier rayon rattaché à l'abdomen par une large membrane ; origine des pelviennes sous la base des pectorales ou en avant ; membranes branchiales libres de l'isthme, à peine réunies antérieurement ; 7 rayons branchiostèges ; 24 - 25 vertèbres ; une épiné interneurale (ptérygiophore) entre les 2e et 3e épines neurales et deux interneurales entre les 3e et 4e ; deux narines de chaque côté, l'orifice antérieur est à l'extrémité d'un court tube dont le bord postérieur est plus élevé ; peau recouverte d'une épaisse couche de mucus renfermant la grammistine qui est élaborée par des cellules muqueuses particulières.
Diploprion et Aulacocephalus s'écartent par divers caractères des autres genres et sont intermédiaires entre les Serranidés et les autres Grammistidés. Ceci a conduit Katayama (1959, 1960) à placer ces 2 genres dans une sous-famille particulière (Diploprioninés). De même Rypticus est tout à fait à part et mériterait aussi une sous-famille propre.
4 des 6 genres de la famille sont monotypiques ; seuls Diploprion compte 2 espèces et Rypticus 11 espèces.

Propriétés et nature de la toxine :

Les noms de «savonnier» ou de «savon», donnés à la Martinique aux représentants du genre Rypticus, ou celui de «jabonsillo» (savonnette) à la Havane, ont été rapportés par le Père Plumier et Parra qui furent les premiers a fournir des documents sur ces poissons. Cuvier (1829) précise que le nom «tient à la singulière douceur de la peau et à la matière onctueuse et gluante dont cette peau est recouverte, et qui, au rapport de M. Plée, mousse comme du savon lorsqu'on la frotte avec la main». Parra (Poissons de la Havane) assure qu'on ne mange pas le savonnier. Toutefois, les Comoriens trouvent un goût de gingembre aux Grammistes.
Randall, après avoir éprouvé une violente irritation de la muqueuse uréthrale, provoquée par le mucus de Rypticus, apprit de pêcheurs locaux que la présence d'un savonnier dans un récipient provoque souvent la mort de tous les autres poissons.
Une expérimentation variée a confirmé la toxicité du mucus en ingestion forcée à des Chats, en injection intrapéritonéale à des Souris ou dans l'eau pour des Guppies ou de petits poissons marins qui perdent rapidement le sens de l'équilibre et meurent en quelques minutes si la concentration est forte.
La sécrétion de la toxine augmente quand l'animal est effrayé ; c'est alors que les poissons qui se trouvent avec lui meurent si le volume d'eau est faible. Comme le Grammistidé lui-même ne meurt pas, on présume qu'il est tolérant vis-à-vis de sa propre toxine.
Placé sur la langue (à éviter sans précaution !!!), le mucus a une saveur amère et un peu piquante qui doit constituer un répulsif pour les prédateurs, car ceux-ci, en règle générale, ne consomment pas les savonniers. De ce point de vue, Grammistes et Pogonoperca provoquent la sensation la plus forte, Grammistops et Rypticus la plus faible, Aulacocephalus et Diploprion occupant une position intermédiaire.
La toxine provoque l'hémolyse des cellules sanguines du Lapin, cette activité hémolytique permettant son dosage ; à concentration égale, la mort de poissons testés (Oryzias latipes) survient sensiblement dans le même délai pour les 6 genres de Grammistidés (69 à 105 minutes).
La toxine semble bien être la même pour les 3 genres où elle a été étudiée, ou tout au moins très semblable. Chaque échantillon purifié comprend un peptide spécifique et une fraction d'une amine ternaire ou quaternaire. Les 4 aminoacides dominants sont la leucine, l'isoleucine, la phénylalamine et la glycine.

Origine de la toxine :

Il existe, 2 types de cellules épidermiques à mucus ; les unes de type ordinaire (communes à tous les poissons), les autres se colorant par le Noir Soudan B. Dans le derme, entre les écailles, se trouvent des glandes pluricellulaires qui se colorent en noir comme les cellules précédentes et évacuent leur sécrétion par des canaux aboutissant à la surface. La grammistine se colore également en noir, ce qui ne laisse aucun doute sur son origine. Sa concentration est beaucoup plus forte dans le mucus que dans la peau elle-même ; le tégument de Grammistes sexlineatus et celui de Pogonoperca punctata renferment une plus grande quantité de toxine que celui des autres espèces ; inversement, les glandes intradermiques manquent chez Diploprion et Aulacocephalus qui sont considérés, pour cette raison, comme plus primitifs que les autres genres.

Diploprion bifasciatum - Cuvier 1828

 Fiche détaillée de Diploprion bifasciatum

 Qualité de l'eau :
Classique d'un aquarium marin. Il faut préférer une densité moyenne à haute (1022 à 1026) à une salinité faible.

Voir aussi l'autre espèce de ce genre ditypique : Diploprion drachi.

 Cohabitation :
Classique des serranidés : en solitaire en aquarium! Les Diploprion sont de piètres nageurs et un brassage trop violent les gêne ou les empêche de sortir de leurs cachettes.

 Alimentation :
Variée et sans problème. Attention aux associations avec des poissons trop petits qui pourraient servir de proie.

 Liste des espèces appartenant au même genre (Diploprion) que Diploprion bifasciatum:

 - Diploprion bifasciatum - Diploprion drachi


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