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Genicanthus bellus

Accueil Poissons (Eau de mer) Genicanthus bellus

 Genicanthus bellus   Randall, 1975
Publié par anemone-clown le 10/9/2007 18:18 (2004 lectures) 
 
Genicanthus bellus
Tous droits réservés sur la photo - AquaPortail.com
Classe : Actinopterygii
Ordre : Perciformes
Famille : Pomacanthidae
Genre : Genicanthus
Espèce : bellus
Nom commun : Génicanthe élégant
Origine géographique : Océan Indien Est; Pacifique Ouest
Taille : 15 à 18 cm
Rareté : Rare
Maintenance :

 Description :
Originaire des îles de la Société, Tahiti. Iles Cocos-Keeling, Turkreef, Guam, Récemment, signalé de Tonga. Océan indien? Et des Philippines d'où l'espèce est exportée depuis 1980.

En Europe, 2 spécimens au moins furent introduits en Allemagne, dès 1974, et présentés à Expo-Zoo (Wiesbaden) par la firme «Tropicarium Frankfurt». Un au moins était en phase mâle (Mayland, 1975). Ces exemplaires, considérés comme appartenant à une espèce inconnue, ce qui était exact, étaient proposés à un prix particulièrement élevé. Deux petits spécimens en phase femelle furent importés de Manille par G. Favé début avril 1980 ; l'un mourut et l'autre fut offert à l'aquarium de Nancy. Un mâle, de même origine, fut remarqué ensuite par J.P. Vasseur, collaborateur de G. Favé, et acquis le 12 juillet 1980.

dichromatisme sexuel :

Toutes les espèces présentent un dichromatisme lié au sexe, généralement si marqué que les deux phases d'une même espèce ont été très souvent prises pour des espèces distinctes ou des variétés. Dans l'ordre chronologique nous rencontrons :

1° Genicanthus lamarck Lacepède, 1802, sans localitétype
(ssp. japonicus Schmidt, 1930, Genicanthus chapmani Herre, 1933, var. amboinensis Fraser-Brunner, 1933 = phases femelles.. Var. lamarck Fraser-Brunner, 1933, var. trilineatus Fraser-Brunner, 1933 =phases mâles).
2° Genicanthus melanospilos Bleeker, 1857. Amboine. (Genicanthus macclesfieldiensis Chan, 1965 = phase femelle).
3° Genicanthus caudovittatus Günther, 1860. Mauritius.
(Holacanthus zebra Sauvage, 1891 = phase mâle. Holacanthus caudibicolor Sauvage, 1891 = phase femelle).
4° Genicanthus semicinctus Waite, 1900. Lord Howe Island.
(Phase mâle ; la phase femelle décrite par Randall, 1975).
50 Genicanthus semifasciatus Kamohara, 1934. Kashiwaj ima.
(Holacanthus fucosus Yasuda et Tominaga, 1970 (phase femelle).
60 Genicanthus watanabei Yasuda et Tominaga, 1970. Iles Ryukyu.
(Phases femelle et mâle).
7° Genicanthus bellus Randall, 1975. Tahiti. (Phases mâle et femelle).
8° Genicanthus spinus Randall, 1975. Ile Pitcairn. (Phases mâle et femelle).
9° Genicanthus personatus Randall, 1975. Oahu. (Phase femelle).
10° Genicanthus vermiculatus, Taiwan, île Lü-tao. (Phase mâle).

La description originale de Genicanthus watanabei met pour la première fois en évidence le dichromatisme, puisque l'holotype et le paratype, pris ensemble, sont respectivement une femelle et un mâle, reconnus comme tels par les auteurs qui soulignent la différence des patrons de coloration, mais l'identité des autres caractères. Randall (1975), dans sa révision du genre, rétablit plusieurs couples et fait connaître les phases de deux nouvelles espèces. Une confirmation expérimentale, comportant des élevages en aquarium et des examens histologiques, est due à Shen et Liu (1976), chez Genicanthus semifasciatus (82 spécimens) ; nous en retiendrons les points suivants.

1. Relations entre sexe et longueur du corps.
Moyenne de la longueur standard des mâles :102,5 mm (extrêmes 90-120) ; des femelles : 76,2 mm (extrêmes 61-110) ; des intermédiaires (intersexes) : 96,8 mm (extrêmes 89-108).

2. Relations entre sexe et coloration.
Au début de l'élevage, la partie dorsale des flancs est de couleur jaunâtre uniforme ; pédoncule caudal noir, ainsi que les marges dorsale et ventrale de la caudale. Les gonades sont des ovaires. Phase femelle, dite « fucosus ». Chez certains, des bandes verticales sombres apparaissent dans la région dorsale dont la couleur générale s'assombrit ; les marques du pédoncule et de la caudâle s'atténuent. Cette phase de transition comporte des ovotestis (intersexes). Les caractères précédents s'accentuent tandis qu'une bande orange horizontale limite, vers le milieu du flanc, les rayures verticales. Les gonades sont des testicules. Phase mâle, dite « semifasciatus ».

3. Evolution des gonades.
Les spécimens de moins de 80 mm LS, ont des gonades qui renferment des ovocytes jeunes ; parmi les plus grands, les uns ont des ovaires renfermant des ovocytes mûrs et sont des femelles typiques, mais d'autres possèdent des ovotestis dans lesquels la proportion de tissu ovarien et testiculaire est corrélative de l'évolution de la coloration intermédiaire. Finalement, le tissu testiculaire prédomine, tandis que les ovocytes dégénèrent et, lorsqu'il ne reste plus trace de ces derniers, on a à faire à des mâles typiques. Par conséquent, tous les mâles sont le résultat d'une inversion sexuelle et il est vraisemblable que ce processus soit commun à tous les représentants du genre Genicanthus. Ainsi s'explique le passage progressif, au cours de la croissance, de la phase femelle à la phase mâle - qui est plus grande - par un certain nombre d'individus, dans une proportion d'ailleurs inconnue. La durée du processus a été de six semaines en aquarium pour Genicanthus semifasciatus.

Caractères morphologiques du genre : (d'après Randall, 1975)

Genicanthus a été, établi par Swainson (1839), en raison de son corps plus allongé que celui des genres voisins et de sa caudale semi-lunaire dont les pointes sont prolongées en filaments. Le genre est cependant oublié jusqu'à la révision de Fraser-Brunner (1933) et, même après, quelques auteurs préférèrent revenir à Holacanthus, en attendant les conclusions d'une étude ostéologique.
Randall, pour sa part, estime que les caractères externes, le dichromatisme sexuel frappant et le mode de vie peuvent suffire à supporter un genre. Et il en propose la définition suivante (simplifiée et) condensée). Corps modérément élevé (hauteur 1,8 à 2,4 dans LS) et comprimé. Bouche petite, terminale, le maxillaire finissant environ sous la narine antérieure ; dents sétiformes tricuspides, sur 3 ou 4 rangs, relativement courtes pour la famille. 6 rayons branchiostèges, 15 à 18 branchiospines au 1er arc. Pas d'épines operculaires ; l'épine de l'angle postérieur du préopercule est proéminente (moins développée chez les juvéniles) ; préorbitaire avec 4 à 16 petites épines, une ou davantage pouvant être plus développées, sa marge postérieure libre sur le 1/3 ou la 1/2 de la distance de la pointe de l'épine la plus ventrale à l'oeil. Ecailles striées longitudinalement et fortement cténoïdes, celles de la tête et des nageoires beaucoup plus petites que celles du corps ; quelques écailles auxiliaires en certains points ; ligne latérale complète, quoique faiblement développée dans sa partie descendante ; écailles de la ligne avec 2 tubules divergents (1 seul dans la partie descendante et pédonculaire). Caudale émarginée à semi-lunaire.

Evolution :

Il est probable que Genicanthus est issu d'Holacanthus et que ses caractères différentiels sont essentiellement adaptatifs (régime planctonophage, mobilité plus grande). Genicanthus personatus serait alors le type le plus primitif, car de loin le plus voisin d'Holacanthus.

Ecologie et répratition du genre :

La rareté relative des Genicanthus dans les collections comme dans les exportations destinées aux aquariophiles, a pour principale cause le biotope et le mode de vie des représentants de ce genre. A l'inverse des autres Pomacanthidés, ils évoluent loin du substrat, tout en fréquentant des eaux relativement profondes. Quelques espèces ont été observées entre 10 et 15 m seulement (Genicanthus caudovittatus en Mer rouge, Debelius), mais ce n'est qu'à partir de 30 m que ces Poissons sont abondants. Ils affectionnent les tombants verticaux, au voisinage desquels ils chassent leurs proies planctoniques, où dominent des tuniciers pélagiques, accompagnés d'autres éléments du macro-zooplancton ; dans quelques contenus stomacaux on a aussi trouvé des organismes benthiques, Polychètes, Bryozoaires et algues. Les observations en aquarium confirment ces modes d'alimentation. Les Poissons nagent par paires ou en petits groupes, souvent un mâle avec deux femelles. Les individus en phase femelle (y compris les jeunes qui sont extérieurement identiques) sont en surnombre par rapport aux mâles (Debelius, pour Genicanthus caudovittatus). De rares spécimens en livrée intermédiaire peuvent être aperçus. Ceux-ci, ainsi que l'observation de pariades entre individus en phases différentes, ont été à l'origine de la découverte du dichromatisme.

Caractères de l'espèce :

Dans la clé dichotomique des espèces (Randall, 1975 : 398), fondée en partie sur les caractères du patron de coloration, Genicanthus bellus se trouve au voisinage de Genicanthus lamarck et de Genicanthus watanabei, seules espèces chez lesquelles le patron comprend des bandes longitudinales plus foncées ou plus claires que le coloris de base, la femelle unie de watanabei étant l'unique exception. Les caractères méristiques sont également voisins.
Le dichromatisme sexuel est très prononcé dans la couleur et le dessin.
Le mâle est violacé (mauve), plus clair du côté ventral. Une bande orangée va du bord postérieur de l'opercule à la base de la caudale, une tache de même couleur à la base de la pectorale et une bande, également orange, le long de l'insertion de la dorsale.
La femelle est encore plus contrastée avec, sur fond blanc ou gris, de larges bandes sombres, légèrement obliques, la plus ventrale à reflets bleus violacés, les autres noires, et une caudale largement bordée de noir et finement ponctuée dans sa partie médiane.
Randall a consigné des différences de coloration entre les types de Tahiti et les paratypes des Cocos-Keeling, et nos spécimens sont conformes à ces derniers. Le mâle ne présente pas de bordures claires le long de la bande orangée du flanc, la portion épineuse de sa dorsale est jaune, à l'exception d'un liséré bleu clair, enfin, les grandes taches oranges du pédoncule caudal font défaut. Chez la femelle, la bande ventrale est plus large, mieux limitée et de couleur bleue foncée, les nageoires dorsale et anale ayant une bordure jaune rougeâtre (brique) plus importante.
Le lien entre ces deux phases fort différentes fut établi en grande partie grâce à l'observation d'un spécimen d'aquarium, importé de Tahiti à Honolulu par la firme «Coral Fish Hawaii», qui débutait son évolution vers la phase mâle. Il mourut malheureusement avant que la transformation soit complète et ne fut pas conservé.

Fil de discussion dans le Forum :

Voir : 2 femelles Genicanthus bellus.

 Fiche détaillée de Genicanthus bellus

 Qualité de l'eau :
Selon le collecteur des spécimens tahitiens, Clem Classen, l'espèce semble préférer les parois verticales, se tenant à 5 ou 6 m de la muraille où elle se nourrit en pleine eau. A la moindre alerte, les Poissons se retirent vers le mur. Un aquarium vaste et bien dégagé est donc souhaitable, ce qui est, semble-t-il, le cas de tous les représentants de ce genre qui sont des nageurs actifs. Un couple de Genicanthus melanospilos, élevé dans un volume de 8 m3, en témoigne. L'eau sera claire, de bonne qualité et fortement brassée, pour approcher la saturation en Oxygène.

Maladies :

Aucune parasitose, sauf un peu de lymphocystis sur des égratignures des nageoires. Les téguments sont solides et l'espèce, à moins d'un affaiblissement dû à une trop forte concurrence alimentaire, doit être robuste. Ceci ne dispense pas d'une sérieuse quarantaine.

 Cohabitation :
Relations intraspécifiques : Le mâle et la femelle ont été réunis, début août 1980, dans un bassin de 750 1 où la femelle séjournait depuis avril. Les parades sont assez fréquentes, mais dépourvues d'agressivité ; le mâle, un peu plus grand, a le dessus et le manifeste par les quelques poursuites, sans prises de contact, qui suivent et terminent les présentations réciproques, nageoires étendues et corps oblique agité de frétillements. Les Genicanthus paraissent ainsi bien disposés à former des couples en captivité.

Relations interspécifiques : Le mâle a été attaqué systématiquement pendant plus d'un mois par un Acanthurus achilles Shaw, qui avait toujours parfaitement toléré la femelle, ainsi que les autres espèces du bac. Comme il n'existe aucune ressemblance particulière entre les deux espèces, il faut admettre que c'est seulement la qualité de «nouveau venu» du Pomacanthe qui est à l'origine de l'antagonisme. Indifférent vis-à-vis des autres espèces.

 Alimentation :
Dès son arrivée en quarantaine, la nourriture peut consister en des proies planctoniques (artémias, copépodes, etc.) et de flocons ou granulés. Ils acceptent, au fur et à mesure, toutes les nourritures de calibre adapté à leur bouche : larves de chironomes, morceaux de Néréis, chair de Moule, etc. Broute les algues; les épinards sont appréciés. Respecte les coelentérés.


 Liste des espèces appartenant au même genre (Genicanthus) que Genicanthus bellus:

 - Genicanthus bellus - Genicanthus caudovittatus - Genicanthus lamarck - Genicanthus melanospilos


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