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Accueil Poissons (Eau de mer) Balistoides conspicillum

 Balistoides conspicillum   Bloch & Schneider, 1801
Publié par anemone-clown le 10/9/2007 10:25 (2075 lectures) 
 
Balistoides conspicillum
Tous droits réservés sur la photo - AquaPortail.com
Classe : Actinopterygii
Ordre : Tetraodontiformes
Famille : Balistidae
Genre : Balistoides
Espèce : conspicillum
Nom commun : Baliste conspi, Baliste Clown, Baliste américain, Baliste tacheté, Baliste noir
Origine géographique : Indo-pacifique
Taille : 30 à 50 cm
Rareté : Courant
Maintenance :

Description :
Originaire de l'Indo-pacifique, de la côte orientale d'Afrique jusqu'aux Fidji, aux îles Hawaï (Shen et Lin 1974) et même au Mexique (Burgess et Axelrod 1974), atteint le Japon méridional au nord et l'Australie au sud; absent de la Mer rouge. Lacepède rapporte sa présence dans la mer qui sépare l'Afrique de l'Asie d'où Commerson l'a décrit avec beaucoup de soin, mais croit qu'il existe aussi dans les mers voisines de l'Amérique équatoriale, d'où son surnom d'«américain».
Il peut atteindre 50 cm dans la nature. Des spécimens de 25-30 cm ne sont pas rares en aquarium. Les plus petits spécimens connus ont 40 à 50 mm de longueur totale. La croissance, rapide au début, ralentit fortement avec l'âge.

L'espèce vit dans le domaine récifal corallien et fréquente presque uniquement l'extérieur du récif et la portion externe des passes. Elle est caractéristique de. la pente externe du récif. A quelques exceptions près, elle est peu commune; en Nouvelle-calédonie, selon Fourmanoir et Laboute (1976), elle est très abondante à l'extérieur du récif et dans les passes, jusqu'à 30 m de profondeur. Les adultes sont presque toujours solitaires et fortement territoriaux; de rares paires ont été observées. Bien que médiocre nageur, préférant se précipiter dans une anfractuosité corallienne quand il est suivi par un plongeur, il s'agit néanmoins d'un nageur très actif qui nécessite un bac aussi grand que possible.

Position de la famille :

Le sous-ordre (ou super-famille) des Balistoïdes groupe 2 familles soeurs : Balistidés et Monacanthidés (Poissons-limes). Quelquefois réunies, ces deux familles sont en fait clairement séparées sur la base de nombreux caractères anatomiques (Matsuura 1979). Ont été pris en considération le complexe pelvien, la ceinture scapulaire, les mâchoires, le suspenseur et l'appareil operculaire, l'hyoïde, les arcs branchiaux, le crâne, la première dorsale.html" title="nageoire dorsale" target="_blank" style="font-weight:normal;border-bottom:1px dotted #2984d6;">nageoire dorsale, les vertèbres et le squelette caudal avec les rayons de la nageoire. Les 32 caractères retenus ont été évalués et analysés par la méthode de Hennig légèrement modifiée (quelques trichotomies). Les Balistidés apparaissent plus primitifs et moins diversifiés que les Monacanthidés. Canthidermis est le genre le plus primitif; à l'opposé, Balistes, Rhinecanthus et Sufflamen sont les plus avancés. Les 8 autres genres ne se distinguent les uns des autres que par des caractères externes, et quelques auteurs (Fourmanoir et Laboute 1976, par exemple) réunissent toutes les espèces sous l'unique genre Balistes.

Caractères du genre : (d'après la clé de Fraser-Brunner 1935)

Des plaques osseuses en arrière de l'orifice branchial et l'épine pelvienne librement mobile. Un profond sillon en avant de l'oeil, au dessous de la narine. Dents blanches, aucune n'étant beaucoup plus développée que les autres. Écailles moyennes ou petites, celles du pédoncule caudal avec des tubercules. Dents échancrées. 3e épine dorsale bien développée ; dorsale molle et anale basses, non anguleuses. pédoncule caudal comprimé latéralement, ses écailles tuberculées dépassant un peu le bord postérieur de la dorsale molle. Toutes les écailles des joues plus petites que celles du corps. caudale arrondie. espèce type : Balistes viridescens Bloch et Schneider, 1801. Seule autre espèce Balistoides conspicillum.

Caractères de l'espèce :

C'est l'un des plus beaux poissons coralliens qui se distingue de tous les autres représentants de la famille par un patron de coloration unique.
Corps ovale, assez fortement comprimé latéralement, la bouche, armée de mâchoires très robustes, reportée à l'extrémité d'un museau très allongé. Le profil supérieur de la tête est pratiquement rectiligne depuis la base de la première dorsale, jusqu'à la pointe du museau. La tête est comprise 3,2-3,7 fois dans la longueur du corps, caudale comprise, les yeux étant compris 1,7 fois dans l'espace interorbitaire. La fente operculaire est légèrement oblique, sa partie inférieure étant située à l'aplomb du bord postérieur de l'oeil. Le bord antérieur de la première épine dorsale, la plus forte, est recouvert de petites épines. La deuxième épine a une longueur égale aux 3/5 de la première et la troisième est égale au 1/3 de la seconde. Le rayon le plus long de la deuxième nageoire dorsale et de l'anale a une longueur sensiblement égale à celle de la seconde épine dorsale. Le début de l'anale se trouve à la verticale du Se rayon de la dorsale. Le rayon supérieur de la pectorale, le plus grand, est plus long que les rayons de la dorsale. L'épine ventrale est courte, mobile, couverte de petits tubercules (épines). La caudale est arrondie. Le pédoncule caudal est généralement orné de 3 rangées longitudinales d'épines, la rangée la plus longue étant formée d'une dizaine de tubercules, la supérieure de 4 seulement.

Patron de coloration :

La coloration générale de Balistoides conspicillum est sombre, noirâtre-brunâtre, avec de grandes taches claires. Le contraste entre les deux est plus ou moins vif selon l'état physiologique et émotionnel, et varie en un clin d'eeil. Une grande zone jaunâtre, ornée de petites taches noires, s'étend en arrière des yeux jusqu'au début de la 2e dorsale. Un bandeau clair jaune à rosâtre traverse le museau en avant des yeux. La bouche est entourée de «lèvres» oranges, elles-mêmes cerclées d'une étroite ligne claire. La moitié inférieure du corps est ornée de grosses taches ovalaires blanc jaunâtre, assez régulières et alignées. Au niveau d'un pédoncule caudal, les 3 rangées d'épines sombres se détachent sur un fond blanc et jaune. La caudale foncée est traversée d'une large bande verticale roseorangé ; 2e dorsale et anale claires, translucides, soulignées à leur base par un liséré jaune-orange et bordées de rose. La première épine dorsale est foncée ; la partie basale.html" title="basale" target="_blank" style="font-weight:normal;border-bottom:1px dotted #2984d6;">basale de la membrane qui la relie à la seconde est claire.
Un juvénile de 35 mm LS est représenté dans Shen et Lin (1974). De grandes taches blanches forment 2 rangées longitudinales sur la moitié supérieure du corps (environ 5 rangées en tout) ; tout le museau est de couleur claire et seule une très mince ligne sombre délimite le bandeau décrit chez l'adulte ; la zone claire dorsale est de dimensions réduites, dépassant à peine la base du ler rayon dorsal. Un spécimen un peu plus grand (Axelrod 1975), 44 mm LS, présente une extension de la zone claire dorsale qui atteint presque l'origine de la 2ème dorsale.

Variation :

Des spécimens chez lesquels les grandes taches claires présentent un centre sombre plus ou moins étendu, subcirculaire, ovalaire ou baculiforme nous ont été signalés (Munich, Dusseldorf, Monaco, Dijon) ; ils provenaient, semble-t-il, des Philippines. Dans le cas le mieux observé (Munich), le juvénile était typique et les taches sombres sont apparues progressivement à partir de 13-14 cm. La coloration générale de : E. Kennedy. ) est délavée et, chez plusieurs, les yeux sont anormalement saillants (R.F.A.H., 1983).

Signification de la coloration :

Sa fonction optique est double : le camouflage disruptif (ou somatolytique) à distance (au-delà de 6 m) et l'effet frappant de près. Une protection optique efficace vis-à-vis des prédateurs diminue la distance de fuite, tandis que la décoration surprenante est un caractère spécifique d'importance dans les relations avec lés congénères, parmi lesquelles la découverte de partenaires sexuels.

 Fiche détaillée de Balistoides conspicillum

 Qualité de l'eau :
L'eau devrait être de la meilleure qualité possible, car le bon état des téguments et la vivacité des couleurs en dépendent largement. Plus encore que le pH et la densité (notre spécimen a toléré sans en souffrir des concentrations inférieures à 15 ‰ ), il faut veiller à l'oxygénation (la plus proche possible du point de saturation), à la charge en nitrates et/ou phosphates, et à la limitation des germes pathogènes (usage de l'ultra-violet). L'abondance de l'espèce en Nouvelle-calédonie, où la température moyenne annuelle de l'air est de 22 °C, l'eau oscillant entre 21 et 28 °C, prouve qu'elle n'est pas exigeante de ce point de vue et qu'il y a donc tout intérêt à la maintenir entre 24 et 26 °C, par exemple.

Maladies :

Bien que les Balistes soient généralement considérés comme des Poissons particulièrement robustes, ils ne sont pas à l'abri des parasitoses ordinaires et présentent aussi, plus souvent que d'autres, des symptômes d'hydropisie et des cécités bilatérales, sans altération visible du globe oculaire. De ce point de vue, Balistoides conspicillum pourrait être plus fragile que d'autres espèces. La longévité peut dépasser 10 ans, ce qui est loin d'être exceptionnel dans cette famille où plusieurs espèces ont vécu de 15 à 20 ans.

 Cohabitation :
Les opinions concernant les relations interspécifiques de cette espèce sont souvent divergentes ou même contradictoires : «tempérament belliqueux» ou «espèce peu agressive». Les unes et les autres peuvent être parfaitement fondées, mais dépendent essentiellement de l'individu considéré, des partenaires et des conditions de détention. La présence d'un Baliste dans un bac peut toujours avoir pour conséquence l'apparition d'échancrures quadrangulaires, caractéristiques des morsures, sur les nageoires des autres individus, et parfois de blessures plus graves. C'est un risque dont il faut avoir conscience. D. Breitsprecher (D.A.T.Z., 1970) a tenu l'espèce avec succès, en compagnie d'autres Balistes, d'un Arothron, d'un Diodon, d'Acanthures et d'un Pomacanthe, dans un bac de 400 l, puis de 900 l. P. Chlupaty (D.A.T.Z., 1970) s'est contenté d'un bac communautaire de 275 litres seulement pour un spécimen de 18 cm. Ces pratiques ont également cours en France. Le premier individu adulte acquis à Nancy (1971) avait dû être extrait d'un bac communautaire où il avait semé la perturbation. Il est resté agressif, mais moins qu'un juvénile confié plus tard et qui attaquait systématiquement les autres Poissons. Un 3è spécimen, au contraire, s'est montré pacifique et, bénéficiant en outre de 5 m3, n'a jamais attaqué ses compagnons qui vont de petits Pomacentridés (3 espèces) à un Promicrops lanceolatus de 1,20 m, en passant par de nombreuses Balistes (5 espèces) (1), des Pomacanthes (2 espèces), des Acanthures (2 espèces), des Labridés (2 espèces), des Siganidés (3 espèces).

(1) Balistapus undulatus, Balistoides viridescens, Odonus niger, Pseudobalistes fuscus, Rhinecanthus aculeatus.

 Alimentation :
Dans la nature, l'espèce consomme des Eponges, des coelentérés, des Bryozoaires, des annélides, beaucoup de crustacés, ainsi que des végétaux, en particulier des algues calcaires qu'il arrache du substrat. Ce comportement s'exerce souvent sur la paroi du bac, en général à une place donnée, et s'accompagne d'un bruit de mâchoires très caractéristique. Les proies enfouies dans le sable sont mises à découvert à l'aide d'un courant d'eau «soufflé» par la bouche. En captivité, toutes les nourritures sont acceptées, de la Moule cuite aux vifs (!) qui sont souvent très appréciés; consomme aussi beaucoup de salade ou d'épinards. Le transit digestif est rapide et une courte période de jeune suffit à rétracter l'abdomen.

 Technique d'élevage :
Un très bon article à lire sur une expérience originale : Baliste Conspicillum junior : pas si terrible que ça !.

 Liste des espèces appartenant au même genre (Balistoides) que Balistoides conspicillum:

 - Balistoides conspicillum


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