Symptôme très fréquent de nos jours dans les aquariums. Maladie très mortelle si elle n'est pas prise en charge rapidement.
C'est un des symptômes le plus fréquent en aquariophilie de nos jours. On retrouve plusieurs termes pour décrire le même symptôme dans la littérature : nécrose ou ulcère des nageoires, émoussement des nageoires...
Dans les cas, on parle de la même maladie dont trois bactéries sont principalement responsables : Flexibacter columnaris, Pseudomonas sp. et Aeromonas sp.
L'apparition et l'explosion de la diffusion de cette maladie prend origine en grande partie dans la production intensive des poissons d'élevage. Les conditions de maintenance (antibiotique à haute dose, précarité des conditions de vie, surpopulation, diminution de la diversité génétique) ont amené la maladie dans nos aquariums.
Nous allons séparer notre article en deux parties : la première sur l'infection à Columnaris et la deuxième sur les infections à Pseudomonas sp. et Aeromonas sp.
1. Columnaris :
Cette infection provoqué par Flexibacter columnaris est à l'origine de :
- La maladie du guppy avec décomposition des nageoires et nécrose cutanée
- La mucose buccale avec nécrose de la bouche et une altération du tissu environant
- La fausse maladie du néon avec perte de la couleur bleue, décomposition des nageoires et des tâches cutanées blanchâtres correspondant à des zones de nécrose. (Paracheirodon innesi et Paracheirodon axelrodi)
Le symptôme le plus précoce est l'apparition d'un liseré blanchâtre (ou d'une coloration blanchâtre à jaunâtre au départ du pédoncule caudal et/ou de la base des autres nageoires) sur une puis sur toutes les nageoires. Certaines fois, les nageoires s'effilochent pour ne devenir que de simples lambeaux de peau transparente. Il s'en suit une perte progressive et importante de la taille des nageoires allant jusqu'à l'atrophie (perte totale de la nageoire) empêchant une nage correcte des poissons.
D'autres signes de l'infection peuvent être présent ou apparaître :
Tous les organes internes du poisson sont atteints, et les infections mixtes ne sont pas rares.
Traitement :
L'efficacité maximale et le taux de guérison dépend en grande de votre temps de réaction et du traitement des l'apparition des premiers signes.
Les poissons ayant perdu la totalité de leur nageoire sont condamnés, il est préférable de les sortir de l'aquarium avant d'entamer le traitement.
Les traitements de première intention sont le nifurpirinol, furaltadone, néomycine.
En deuxième intention ou de résistance aux traitements de première intention, on pourra utiliser la pénicilline, les sulfamides ou les quinolones.
Pour les infections débutantes, les bains aux sulfates de cuivre, de benzalkonium ou de sel peuvent aider à la guérison. La bactérie se complaisant dans une eau entre 25 et 35°C, la baisse de la température de votre bac à 20°C peut limiter la multiplication de celle-ci.
2. Infections à Aeromonas sp. et Pseudomonas sp.
L'infection apparaît comme pour Columnaris chez des poissons maintenus dans de mauvaises conditions.
La décomposition des nageoires n'est pas le symptôme principal de cette infection.
L'infection entraine surtout l'apparition d'une hydropisie (ascite) par une infection rénale, des tâches cutanées rouges ou blanchâtres, voire des ulcérations cutanées.
Le comportement devient anormal, se prostre, présentent des difficultés respiratoires et des troubles de la nage. Le poisson maigrit et devient apathique.
Traitement :
Ces deux familles de bactéries sont connues pour présenter un taux de résistance aux antibiotiques importants.
Pour traiter cette infection, on utilisera de la néomycine, du nifurpirinol ou le nitrofurazone en première intention ; en deuxième intention : sulfamides, quinolones.
3. Utilisation de quelques antibiotiques :
a . Néomycine :
1 à 2 gr pour 100 litres d'eau pendant 3 jours. Renouveller la moitié de l'eau au troisième jour
b. Nifurpirinol :
10 à 15 mg pour 100 litres d'eau. Le produit se décompose sous l'action des rayons lumineux.
Répéter le traitement après 24 heures si besoin après un changement d'eau.
4. La prévention dans nos bacs :
La maladie étant fréquente dans les poissons de nos animaleries préférées et la mortalité de ces infections étant très importantes (jusqu'à 80%), mieux vaut prévenir que guérir.
Parmi les actions préventives efficaces, on peut citer :
Source : Guide des maladies des poissons tropicaux d'eau douce, Gerard BASSLEER