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Histoires d'eau : Elever nos animaux favoris: pour combien de temps encore?
Catégorie : Biologie et divers
Publié par ninine le 12/1/2007
Origine: Editorial du magazine allemand "Aquarium Live", Avril 2006.
Titre: Die Pflege unserer Lieblinge ? Wie lange noch ?
Traduction: Roger Lhoest et Yvan Detry
Fourni par: Jean-Jacques Eckert, www.recif-france.com

Elever nos animaux favoris: pour combien de temps encore?

L'aquariophilie est un beau hobby, qui s'exerce dans l'intimité du foyer. La poursuite du déboisement des forêts tropicales, ne semble pas du tout concerner les aquariophiles que nous sommes. L'apparition de nouvelles espèces peut même être considéré comme un signe positif, sans se préoccuper, que c'est grâce à la construction de nouvelles routes que des contrées auparavant inaccessibles ont pu être atteintes. Combien de merveilles sont-elles ainsi détruites, sans que la science ou le hobby n'aient pu les faire connaître ?

Puis viennent se pavaner les soi-disant protecteurs de la nature - des novices au sein d'associations ou des professionnels de la magistrature - qui veulent protéger des espèces par l'interdiction du commerce. On imagine continuellement de nouveaux règlements, comme des restrictions et l'interdiction des bourses d'échange, qui devraient limiter l'acquisition d'animaux et de plantes étrangères. Dans le même temps, des milliers de kilomètres carrés de forêts sont continuellement et "légalement" dévastés. La demande en cure-dents, à jeter après chaque repas, et de nouveaux "beaux" meubles en bois tropicaux s'accentue !

Lorsqu'on assure, de manière mensongère, l'acheteur potentiel de tek ou de mahagoni que les forêts ne sont pas mises en danger, car reboisées, on omet de lui dire qu'elles le sont au moyen de palmier à huile ou des essences étrangères à croissance rapide, qui endommagent en réalité encore plus la nature...

Les professionnels qui clament qu'une réelle protection des espèces ne peut être réalisé qu'avec celle du biotope, sont en revanche boycottés ou diffamés. A quoi ça sert d'interdire à un professeur de biologie de prélever un têtard de l'étang, pour révéler aux élèves la fascination de la métamorphose, alors que simultanément les étangs sont comblés et le cours des rivières rectifié ? Pouvons nous exhorter les pays tropicaux, quand chez nous les dernières portions artificiellement reconstituées du Danube vont encore être aménagées ?

On peut douter que les décisions internationales relatives à la protection du climat seront légiférées et appliquées dans les principaux pays responsables de la pollution. Cependant, il est plus facile de s'attaquer aux amateurs capables de soigner des animaux et des plantes rares à la maison.

Si l'on prend en considération les destructions d'espaces de vie naturels - que ce soit chez nous ou sous les tropiques, des paradoxes apparaissent et montrent que chaque poisson retiré de la nature et reproduit par les aquariophiles devient un poisson protégé. Celui qui reste dans la nature est un poisson mort. Chaque aquariophile qui voyage connaît des régions qui étaient il y a encore quelques années des paysages naturels magnifiques et qui sont devenus actuellement des steppes de cultures ou déjà des déserts.

Personne ne peut imaginer que des plantes et des animaux protégés par des lois et des réglementations soient victimes de mises à blanc (=défrichage complet) malgré l'existence de ces législations sensées les défendre.

Ceux qui préfèrent assister à l'extinction d'espèces plutôt que d'autoriser leur présence et leur développement chez des amateurs, ont une méconnaissance totale de la nature.

Il va de soi que les prélèvements effectués dans les espaces naturels préservés ou reconstitués sont à contrôler et ne devraient avoir lieu que suivant un encadrement précis. Il ne sert à rien, par exemple, d'interdire l'exportation des loches zébrées (qui sont très difficiles à capturer) et au même moment de laisser détruire leurs eaux d'origine par la déforestation et la construction de barrage. Le vrai protecteur de la nature et ami des animaux, par exemple, c'est chaque aquariophile ou jardinier, qui ne se contente pas seulement de détenir des poissons ou des plantes, mais les reproduit aussi.

Les incessantes tracasseries et même parfois la criminalisation des amis des animaux et des plantes peuvent seulement et bizarrement être considérées comme des aberrations de notre bureaucratie.

Multipliez et reproduisez vos animaux préférés et vos plantes ? Nous vous souhaitons beaucoup de succès en aquariophilie !

Légendes des photos (non jointes)

Galeola baueri est une des 30000 espèces d'orchidées botaniques. Elle est très facile à maintenir et convient bien au dessus d'un aquarium ouvert, mais son importation est subordonnée au versement d'une importante somme d'argent pour l'acquisition du CITES requis, même si l'arbre sur lequel cette plante pousse fasse l'objet d'un abattage forcené. Beaucoup de ces plantes sont tout simplement brûlées après cette dernière opération ; ce qui constitue une perte irrémédiable pour la nature et une perte de revenus pour les autochtones vivant déjà dans une grande pauvreté.

Betta stigmosa, un combattant incubateur buccal originaire de Malaisie, est un des 20 labyrinthidés qui, rien que pour l'année 2005, a fait l'objet d'une description scientifique nouvelle. Combien de temps la découverte de nouvelles espèces sera-t-elle encore possible ?

Un bel aquarium planté. Certaines de ces plantes sont en voie de disparition dans la nature - et combien de temps ces poissons y existeront-ils encore ?


 Note personnelle: Il faut prendre en compte la mentalité/sensibilité allemande pour apprécier au mieux ce texte.

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