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La marée : quelques explications sur ce phénomène océanique.
Catégorie : Eau de mer
Publié par anemone-clown le 31/1/2008

La simple observation des variations du niveau de la mer (zone de balancement des marées), le long d'un quai ou d'une digue, révèle immédiatement son caractère cyclique et, à plus long terme, permet d'apprécier les modulations de son rythme. La marée intègre en effet trois ensembles de variations :

1- La première, dite « semi-diurne régulière » rend compte du phénomène observé quotidiennement. Deux fois par jour, la mer monter à l'assaut du rivage, se stabilise à un niveau déterminé (c'est l'étale de pleine mer) puis commencer à refluer. D'abord lent, le mouvement s'accélère peu à peu, devient particulièrement spectaculaire 3-4 heures après la pleine mer, puis se ralentit lorsque la mer atteint son niveau le plus bas. Le retrait des eaux entraîne, le long du rivage, des courants plus ou moins violents (courant de jusant) qui s'apaisent à l'approche de l'étale de basse mer. La « renverse » des courants littoraux donne le signal d'une nouvelle montée des eaux qui s'effectue dans des conditions très comparables à celles de leur retrait. Les courants de « flot » emplissent à nouveau chenaux, golfes et abers jusqu'à ce que la mer ait retrouvé son niveau initial.


Un peu plus d'une demi-journée (12h20 environ), sépare les deux étales de pleine mer. Ainsi, de jour en jour, l'heure des marées se décale, conditionnant de ce fait toutes les activités littorales.


La durée des deux cycles (24h45) est celle du « jour lunaire », c'est-à-dire du temps nécessaire à la lune pour retrouver dans le ciel une position identique à celle de la veille. Les Anciens avaient remarqué cette coïncidence, ils attribuaient déjà à la lune un rôle déterminant dans le phénomène des marées. C'est elle, en effet, qui exerce sur les masses océaniques une attraction qui fait naître ce que les océanographes appellent la « force génératrice des marées » et qui insuffle aux océans le rythme de leurs palpitations quotidiennes.


2- La seconde composante du rythme des marées est peu sensible d'un jour à l'autre. Une observation attentive révèle cependant que le niveau atteint par deux marées consécutives n'est pas exactement le même, le décalage étant maximum au bout d'une semaine environ.


Des marées dites de « vive-eau » au cours desquelles l'amplitude de chaque oscillation est particulièrement grande, alternent donc, de semaine en semaine, avec les marées de « morte-eau » caractérisées par de faibles oscillations du niveau de la mer.


Là encore, la coïncidence entre le phénomène et les phases de la lune n'avait pas échappé aux Anciens : les marées de vives-eaux surviennent au moment de la pleine lune et de la nouvelle lune, les marées de mortes-eaux s'intercalent pendant les premiers et derniers quartiers du cycle lunaire.


L'explication cosmique est simple : le soleil exerce également une influence sur les marées, mais elle est plus discrète que l'influence lunaire. Suivant les positions respectives des deux astres par rapport à la Terre, leurs actions se contrarient et le phénomène des marées est alors atténué. C'est précisément ce qui se passe lors du premier ou du dernier quartier de Lune.


3- Enfin, les marées de vives-eaux manifestent, au moment des équinoxes, une ampleur exceptionnelle et qui présente, d'une saison à l'autre, des nuances sensibles.. Ces variations sont également le fruit de conjonctures cosmiques favorables liées, notamment, au rapprochement temporaire de la Terre par rapport au Soleil au moment des équinoxes.


Mais le jeu des forces cosmiques n'est pas seul en cause ; sinon il déterminerait sur toute la planète, des marées à peu près identiques. Or, il est d'observation courante que les marées en Gironde ne sont pas comparables à celles de la Manche ou de la Baie de Seine. En période de vives-eaux moyennes par exemple, l'amplitude la marée à Concarneau ne dépasse guère 4,40 m ; elle atteint presque 8 m à Roscoff, et celle de la baie du Mont Saint-Michel est fameuse pour ses records dont on connaît peu d'équivalents dans le monde (les plus grandes marées connues ont été enregistrées dans la baie de Fundy au Canada - 17 m - et au Mont Saint-Michel - 15,50 m -).


L'onde de Marée, en provenance de l'Atlantique, aborde la façade maritime de la France presque simultanément entre la côte sud de la Bretagne et le pays Basque où elle se propage lentement et de façon à peu près uniforme. Au cours de la pénétration dans la Manche, elle est perturbée par le resserrement progressif des rivages cornouaillais et bretons, se heurte aux fonds tourmentés du socle armoricain, vient buter enfin contre la barrière du Cotentin, qu'elle aura quelques difficultés à contourner. Ces divers obstacles à la progression de la marée dans la Manche entraînent un certain nombre d'anomalies locales et, notamment un accroissement très sensible de l'amplitude le long des côtes septentrionales de la Bretagne, au fur et à mesure qu'elle chemine vers l'est, 6 m à Ouessant en vive-eau moyenne, 7,80 m à Roscoff, 8,60 m à Bréhat, 10,70 m à Saint-Malo... et plus de 12 mètres au Mont Saint-Michel.

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