Cryptocariose, une maladie par Cryptocaryon irritans

 
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Cryptocariose, une maladie par Cryptocaryon irritans

Cryptocaryon irritans, Brown 1951, responsable de la cryptocaryose, une


Cryptocaryon irritans appartient, comme , au groupe des . (comme il est souvent mal orthographié!) est l'équivalent marin d'Ichthyophthirius, tant par son aspect que par la facilité avec laquelle il apparaît en cas de perturbation dans les conditions d'élevage. Il détermine une " des points blancs" chez de très nombreuses marines élevées en . Des pustules blanchâtres, plus volumineuses que celles dues aux , apparaissent sur les externes et les . Les poissons peuvent se frotter contre les éléments du décor pour calmer semble-t-il des démangeaisons (d'où le nom spécifique) et présenter des difficultés respiratoires, mais ces symptômes ne sont ni spécifiques ni constants.


Le Cryptocarion et l'unique irritans qu'il renferme furent décrits par Brown en 1951 d'après des spécimens prélevés sur diverses espèces de poissons (Canthigaster rostrata, Sparisoma cretense, Diplodus vulgaris, etc...) conservés à l'Aquarium de la Société Zoologique de Londres. Cette originale ne comporte, malheureusement, aucune figure.


LE

Le parasite qui se dans l'épiderme ( ou du cycle) et détermine les pustules, est un cilié blanc opaque, ovalaire dans ses stades précoces, et devenant plus tard presque sphérique; sa longueur varie de 70 à 400 . Il est uniformément recouvert de de 7 à 9 microns de long, disposés en une de rangées chez les petits individus, ce nombre augmentant à mesure que l'animal grandit. Les rangées de cils se terminent sur la marge de la dépression orale et non au niveau d'une préorale comme chez Ichthyophthirius.

L'orifice externe de la dépression orale est , s'étendant depuis l' de la vers sa face ventrale. La portion large et peu profonde de la dépression orale ( ou ) se continue, vers l'arrière, en une région plus étroite ( ou ) qui s'incurve vers la gauche et plonge dans l'endoplasme. Une membranule saillante, bien développée, décrit, sur la de gauche de la dépression orale, un trajet légèrement spiralé et s'infléchit à gauche pour pénétrer dans la région rétrécie (pharynx). Une petite (ou épaississement de la paroi) descend, à droite, dans la portion étroite.

Le macronucleus est massif, constitué, chez les jeunes , de quatre portions ou même davantage, qui fusionnent en une structure unique, repliée et à l'aspect noueux. Le micronucleus ne fut observé qu'aux très jeunes stades; il est compact et sphérique ; plusieurs micronuclei sont présents.


LE CYCLE

Le trophonte mûr se détache de l' et s'enkyste. La forme enkystée ou tomonte montre d'abord un vacuolaire, un macrocleus rubanné et enroulé sur lui-même, et des micronuclei dont le nombre augmente. Les divisions, à l'intérieur du , ressemblent à une sorte de au cours duquel de petites masses de cytoplasme, séparées d'une masse résiduelle, se divisent et se différencient. Les divisions répétées donnent naissance aux corps (ou germes) infestants les tomites.

Ces germes sont des ciliés en forme de poire de 40 à 60 microns de longueur avec un revêtement uniforme de cils de 8 à 9 microns de long, disposés en 40 rangées. Ils possèdent une dépression orale étroite et allongée, s'étendant ventralement vers l'arrière, s'incurvant à gauche et plongeant en profondeur; une membranule se trouve sur la paroi gauche de la dépression et peut faire saillie antérieurement à l'avant de la région orale. Il y a un perforatorium faisant saillie à l'arrière de la bouche. Macronucleus en quatre parties, ovalaire; 4 à 7 micronuclei.Très mobiles et produits en grand nombre, ces individus vont propager la maladie en pénétrant dans l'épiderme de poissons sains ou déjà atteints.


ETIOLOGIE
Les fortes infestations sont rares dans le milieu naturel. Aux Fidji, par exemple, une seule espèce Epinephelus merra Bloch (Mérou) était parasitée, sur les 36 espèces du même qui furent examinées, et toutes les infestations étaient très légères (Laird 1956). En aquarium, au contraire, presque toutes les espèces sont atteintes et des épizooties furent relatées tout autour de la planète. On peut citer un cas particulier d'un aquarium public au Japon, en 1938 (une autre ère...) où 44 espèces tenues en aquarium, sur 53, furent attaquées (Sikama 1938).

Il est évident que les conditions de milieu sont responsables, dans la plus large mesure, du développement des qui profitent de l'affaiblissement éventuel des poissons. D'autre part, dans le milieu confiné de l'aquarium, la multiplication des tomontes est très importante par rapport au nombre des poissons et l'infestation qui en résulte est massive. Les mêmes observations sont valables pour Oodinium (= Amyloodinium en eau de ) qui ne semble avoir aucun rôle important dans les marines libres (Sindermann, 1966).


THERAPIE

Comme pour toutes les autres de l'aquarium il faut chercher à remédier aux causes et non aux effets. Il faudra donc améliorer d'abord l'équipement technique du bassin (, , épuration, , dispositifs -, U.V.- etc...), afin de disposer d'une eau de la meilleure qualité possible. On évitera ensuite le et on offrira une nourriture riche et variée. On veillera aux perturbations externes et internes qui doivent être évitées dans toute la mesure du possible, un poisson en état de "" (cas spécifique de l' Acanthurus leucosternom) plus ou moins caractérisé étant sensible à toutes sortes d'attaques. On s'efforcera d'équilibrer la en choisissant des compatibles. Si l'on introduit un nouveau venu, il aura fait l'objet d'une au cours de laquelle il aura été bien alimenté, afin de pouvoir affronter une concurrence alimentaire et, très souvent, territoriale.

Si ces conditions sont respectées, les attaques de Cryptocaryon seront rares, limitées à quelques individus (voire un seul) et sans gravité. On peut citer le cas d'un Forcipiger flavissimus qui, au cours de 5 années de captivité a présenté quelques attaques lors de perturbations techniques (, ) et s'est remis spontanément dès que tout rentrait dans l'.

Pour aider la guérison, dans un sans s (ni coraux, ni , ni , etc.), on peut employer le sulfate de cuivre aux doses habituelles (au maximum, 10 cm3 de la solution à 16/1000 pour 100 litres). Une baisse brutale de densité, jusqu'aux environs de 1.012, est favorable, les (organismes ) étant sensibles aux variations de la tension superficielle et de l'équilibre .



La planche montre successivement la multiplication des tomites (germes infestants) dans le ; individu libre issu du kyste; jeune dans le avec macronucleus moniliforme (d'après Sikama, 1938). La dernière photo en bas à droite montre des celleules jeunes (tomites) de Cryptocaryon irritans en et infestante du .


Publié par anemone-clown le 30/10/2008 (2529 lus)

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